Elisapie Isaac s’est posée quelques heures à Québec pour envelopper le Théâtre Petit Champlain, samedi dernier. Sa voix pleine d’étoiles et sa poésie, bercée par le Nord, coïncidaient avec la fin d’un hiver interminable. Pourtant, son folk, sa « pop polaire » et sa présence sur scène semblaient annoncer le printemps.

Elle amorce le concert en force en entonnant The Beat, pièce rythmée et un brin mélancolique. Dès les premiers accords, elle conquiert son auditoire avec sa voix sereine et feutrée. Accompagnée par ses deux musiciens, Elisapie nous emmène dans sa bulle. « J’ai l’impression d’être dans un rêve », nous confie-t-elle après les deux premières chansons. Ce rêve, on y croit jusqu’à la toute fin de sa performance.

Entre les pièces, la chanteuse, authentique, nous parle comme à des amis. Son magnétisme ne peut que nous faire apprécier davantage sa pop semblant venir d’un autre monde. Sans prétention, elle nous fait part de ses impressions, à chaud, passant de l’inuktitut à l’anglais et de l’anglais au français, trois langues dont elle parsème allègrement ses chansons.

Sur scène, les projecteurs sont braqués sur Travelling Love, son second disque élu album anglophone de l’année au Gala de l’ADISQ 2013. Néanmoins, on se réjouit de pouvoir entendre quelques pièces tirées de There Will Be Stars, qui l’a fait découvrir au public québécois en 2009. Sa performance est constante, autant pour les morceaux plus entraînants – Life Is What You Make It et The Love You Gave, entre autres – que pour les pièces plus paisibles dont la frissonnante Moi, Elsie. Cette dernière, tirée de son premier album, est le fruit de la collaboration entre l’artiste Pierre Lapointe pour la musique et Richard Desjardins pour les paroles. Au passage, on notera que la version reprise par Pierre Lapointe dans son album Seul au piano était tout aussi envoûtante que celle livrée par l’artiste samedi dernier.

Alors que There Will Be Stars résonne par ses mélodies d’une rare beauté, Travelling Love propose une pop plus accrocheuse. En entrevue, Elisapie nous révèle ce qui l’a poussée dans cette direction : « J’avais le goût de me faire du fun. Ça reste très personnel [comme musique], mais avec une twist un peu plus dansante ». Ceux qui ont apprécié son premier album se retrouveront assurément dans le second ; l’artiste y aborde toujours des thèmes qui la touchent avec une poésie sincère aux consonances nordiques. Au demeurant, l’amour reste un thème phare dans son œuvre; ce n’est pas pour rien que c’est la pièce Travelling Love qui donne son titre à l’album. C’est d’ailleurs une chanson qu’elle aime particulièrement interpréter sur scène : « Pour nous, ça boucle tout le projet […]. Je trouve que ça résume bien l’album et la vision que j’avais. C’est une chanson que j’aime beaucoup qui est très centrée, très groundée. »

Pour découvrir Elisapie, les pièces Navaatara, Anaarpik – voulant dire « petite femme », surnom qui lui fut donnée toute jeune – et Moi, Elsie, extraites de son premier album de même que Lead Me On, The Love You Gave et Life Is What You Make It tirées de son plus récent album, sont gage de satisfaction.