Martin Mercier

L’exposition de graphisme, design et installation par Jean-Christophe Diehl, tenue à la galerie Morgan Bridge, en jette. Et le mot n’est pas vide de sens ; réappropriation d’un quotidien parfois trop banal à nos yeux, l’artiste nous fait revisiter des classiques, mais ici de la vie courante, des objets qui sont bien souvent destinés, après notre utilisation, au dépotoir. Spaghettis, rondelles de bouteilles en plastique et brosses à dents, c’est un véritable remix dont les notes, bien que connues, ont la sincérité de nous surprendre, tant par la forme et l’esthétisme que l’idée qui se cache derrière elles. Coup de coeur personnel de cette récupération, le canard milliardaire de nos folles années de jeunesse devant la télévision (Picsou, dans La bande à Picsou, celui avec un chapeau et des lunettes ) qui se transforme en un tableau alliant abstraction, perspective et acupuncture. Alors que du côté graphisme de l’exposition on reste un peu sur notre faim, tout juste après s’être mis à table ( on aimerait en voir davantage dans la petite pièce de la galerie ), on peut quand même dire que la magie est au rendez-vous, repoussant la limite entre ce qui semble art et ce qui est banal, entre inertie consommée ou mouvement esthétique, entre cassure et fragilité, bref, la mince différence, et c’est là la réussite de l’artiste, entre ce qui est beau ou bien ce qui est destiné à la poubelle. À voir et découvrir, du 7 au 30 septembre, 367 rue du Pont.