Le travail présenté par Dgino Cantin – un travail rêveur, ludique, imprégné de sa matérialité – s’insère parfaitement dans l’esprit carnavalesque du mois de février. D’un côté, la série de dessins proposée au mur décompose le paysage rural afin de présenter les fragments architecturaux de deux églises. Les formes bien connues, répétées maintes fois, sont un judicieux prétexte pour travailler la couleur. Ensuite, occupant l’espace principal de la galerie, l’installation, composée de plusieurs pièces sculpturales, se déploie tel un diorama surréaliste. C’est ici qu’on peut voir l’aboutissement d’un processus complexe d’accumulation et de juxtaposition. Certains objets hétéroclites sont assemblés afin de créer des micro-paysages qui se greffent à des accoutrements loufoques. D’autres sont étalés à dos d’un mammifère marin, transportant autant ses habitants que les spectateurs sur une aventure imaginaire.   

Les œuvres conçus par Anouk Desloges, lors d’une résidence outre-mer, proviennent d’un contexte de création particulier. Les neuf boîtes lumineuses occupant la salle arrière examinent visuellement la psyché des autres artistes-résidents. Par les fils multicolores est brodée l’image en miroir de chacun d’eux, ce qui explique partiellement le titre de l’exposition. L’aspect « résistance » se manifeste plutôt par l’utilisation d’un slogan lumineux qui semble monopoliser le regard malgré la finesse du dessin textile. L’expérience visuelle est à la fois intrigante et provocatrice, sublimant efficacement la métaphysique d’une série de rencontres fortuites.  

 

Quoi ?Mon corps est une planète & Le Rorschach de la résidence
Qui ?Dgino Canton & Anouk Desloges
Où ?Centre Regart (5956 rue St-Laurent, Lévis)
Quand ?Jusqu’au 26 février