Le 14 mai prochain, Térez Montcalm lancera son septième album, I know I’ll be alright. Ballottée sans cesse entre l’Europe et le Québec, carrière oblige, elle est particulièrement enthousiaste à l’idée de fouler les planches sur la partie du globe qu’elle considère toujours comme son point d’attache. 

Justine Pomerleau-Turcotte

Courtoisie : Laurence Labat

Courtoisie : Laurence Labat

En effet, le public d’ici est en général moins friand de jazz que son homologue du Vieux-Continent. Attablées au Nektar, nous osons avancer l’hypothèse historique : dans les années 50, la France était après tout un passage obligé pour les jazzmen américains. Les musiciens français sont également devenus très solides au fil du temps. Autre enjeu : la diffusion. En effet, plusieurs radios dédiées entièrement à la note bleue sont avides de nouveautés; de plus, des festivals y ont lieu toute l’année et ces derniers n’ont à leur programme que des artistes jazz, contrairement au Festival de Jazz de Montréal depuis quelques années, situation qui désole d’ailleurs l’artiste.

Pour son nouvel opus, Térez Montcalm a bénéficié de l’appui d’une équipe hautement qualifiée, guidée par Jay Newland (Charlie Haden, Herbie Hancock …). Composé à moitié de reprises, et à moitié de compositions, l’album témoigne avant tout de coups de cœur. Reprendre une pièce s’avère tout simple pour la chanteuse : « Il suffit d’aimer la chanson, de l’imaginer d’une certaine façon et de commencer à faire les arrangements ». C’est encore mieux quand on compose, qu’on écrit et qu’on joue aussi; on a alors déjà une « personnalité musicale ». Ainsi, en écoutant I wanna be startin somethin (Michael Jackson), elle savait déjà qu’elle en réduirait le tempo de moitié et que le résultat serait funky, avec un bon groove.

Térez Montcalm arrive toujours en studio munie d’une préparation en béton. La solidité des musiciens permet d’enregistrer tout d’un coup, conférant à l’album l’énergie du live.

C’est sur les planches que l’artiste s’éclate. Le risque fait partie du plaisir. Lorsque des musiciens veulent répéter des passages pour se sécuriser, « [son] grand plaisir, c’est de dire non! » Il ne faut donc pas craindre de danser sur la corde raide, puisque « ça donne un petit buzz, et on est content après. »

Accessible, la musique n’est simple qu’en apparence seulement. En effet, le jazz se distingue du pop par l’abondance de rythmes complexes et l’alternance de métriques variées. « Y’a de l’ouvrage là-dedans. » De l’ouvrage, certes, mais surtout beaucoup de passion.