Je m’en veux presque de ne pas être allée voir …et autres effets secondaires à sa sortie en 2009. Les finissants du Conservatoire d’art dramatique de Québec (à l’époque) ont véritablement réussi un tour de force avec cette pièce tout aussi juste au niveau du propos que de la mise en scène, signée Marie-Josée Bastien.

Le titre à lui seul laisse présager un thème pesant. …et autres effets secondaires, ceux qu’on ne prend pas la peine de nommer, parce qu’ils viennent inévitablement avec la maladie mentale, comme quoi celle-ci ne présente aucune échappatoire. La troupe de la relève Des miettes dans la caboche aurait pu manquer son coup en livrant un résultat étouffant, incompréhensible ou simplement taillé grossièrement dans le cliché. Seulement, ils ont mis le doigt en plein sur le bobo, leur permettant de créer une œuvre théâtrale de haut niveau, divertissante et «éducative»; c’est effectivement une bonne façon d’en apprendre davantage sur la schizophrénie et compagnie.

L’univers de Benoît, personnage central souffrant de schizophrénie, est aussi bien illustré que son impact sur l’environnement de ses proches. La réalité et le délire s’entrecroisent stratégiquement, sans que le public perde le fil. La disposition du public (autour de l’espace de jeu) permet une écoute participative de la pièce. L’absence de coulisses et la proximité avec les comédiens incluent le public dans le feu de l’action. Les éléments de décor sont en déplacement très fréquent, ce qui représente habituellement un risque au niveau de la scénographie, mais l’aspect chorégraphique et la planification au quart de tour rend le tout fluide. Pas de temps mort. Une exploration astucieuse de l’espace de jeu et du mouvement.

La pièce n’est pas qu’une «leçon d’anatomie». C’est une histoire touchante qui réussit tout de même à nous faire rire de bon cœur de par son humour naïf ou (étonnamment mais irrésistiblement) cynique. À voir, jusqu’au 4 décembre, à Premier Acte.