Le Carnaval de Québec a officiellement lancé ses festivités vendredi dernier avec le couronnement de la reine devant le tout nouveau Palais de Bonhomme. Deux de ses trois concepteurs, Mélissa Duperron et Félix-André Savard, étudiants de deuxième année à la maîtrise en architecture de l’Université Laval, voyaient pour la première fois leur œuvre prendre vie.

Mélissa et Félix-André avaient les yeux brillants de fierté en admirant le fruit de leur travail vendredi soir. « C’est beau, on est satisfaits du résultat. J’entendais beaucoup de gens parler autour de moi qui le trouvent beau. C’est le fun de voir les gens le prendre en photo », assure Mélissa.

Pour les deux étudiants et leur collègue Frédéric Quirion, il s’agit de la première réalisation d’un projet aussi « gros et concret » alors que leurs plans restent le plus souvent sous forme de maquettes comme il s’agit de projets scolaires. Cette fois, leur maquette était matérialisée devant leurs yeux sous forme de 2000 immenses blocs de glace assemblés les uns aux autres, créant ainsi le plus imposant Palais de Bonhomme réalisé à ce jour.

Gagnants d’un concours

Si les trois étudiants ont ainsi pensé au concept du palais de cette année, c’est en raison d’un concours lancé par l’organisation du Carnaval aux étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval cet automne. Ceux-ci étaient amenés à proposer une idée pour créer le palais de cette année. La première édition de ce concours prenait la forme d’une Charrette, ce qui implique que les étudiants ne disposaient que le temps d’un weekend pour penser à un concept et en réaliser un visuel qu’ils présenteraient le lundi suivant aux gens du Carnaval de Québec.

Comme ils ignoraient si leur projet allait être réalisé, les trois étudiants ne se sont pas mis trop de pression au sujet du concours, qu’ils voyaient simplement comme une belle opportunité. De plus, comme ils sont en dernière année de maîtrise et qu’ils se concentrent principalement sur leur projet final, ils avaient un peu de temps libre et en ont profité pour participer. « On ne s’était pas vraiment mis de contraintes, on a suivi les informations qu’ils nous avaient envoyées quant aux dimensions des blocs de glace et des hauteurs maximales, mais à part ça on s’est vraiment laissé aller », raconte Félix-André.

Un Palais différent

Afin de créer un palais plus moderne et contemporain, les trois comparses ont misé sur un plan fort différent de tout ce qui s’était fait par le passé. « C’est surtout parti du concept du nouveau carnaval, qu’ils voulaient rajeunir l’image, et on est partis de la ceinture fléchée de Bonhomme. Donc on s’est beaucoup inspiré des triangles. On voulait vraiment avoir un côté plus contemporain que le palais habituel », raconte Mélissa.

Ils ont ainsi intégré beaucoup de formes géométriques à leur projet qu’ils ont souhaité un peu plus abstrait. « C’est un tissage de lignes, de formes. On a cette sensation-là, quand on se promène à l’intérieur, que c’est un peu labyrinthique. Et la perception du château quand on est en face et quand on est sur les côtés est complètement différente, on a voulu jouer avec les perceptions », explique Félix-André.

Selon ce dernier, les bâtisseurs du palais ont fait quelques légères modifications pour rendre l’ensemble plus solide et réalisable, mais ont conservé le modèle initial. Selon le site Web du Carnaval de Québec, « les concepts ont été jugés en fonction de leur originalité, de leur convivialité, de leur attrait, de leur conformité à l’image du carnaval et de leur respect de certaines contraintes, comme l’aspect hivernal de l’événement. »