Librement inspirée de la vague dubstep qui déferle un peu partout dans le monde depuis quelque temps, la majorité des quatorze morceaux de Fallen empires se détache des ballades introverties auxquelles Final straw et Eyes open nous avaient habitués. Des pièces comme «Called out in the dark», «The weight of love» ou «Fallen empires» comportent toutes quelques éléments de musique électronique, mais le mélange fonctionne mieux à certains moments qu’à d’autres. Si la pièce-titre se cherche quelque peu, «In the end» pourrait aisément être confondue avec une chanson du dernier album de Coldplay. Il ne s’agit pas là tant d’une évolution que de l’influence opportuniste des tendances du moment.

On se questionne un peu sur les chœurs omniprésents de «Berlin». Ils meublent du temps, mais sans plus. Quant à «The symphony», ces six minutes s’éternisent et manquent de cohérence. Une pâle imitation d’Arcade Fire qui, au final, n’aurait pas vraiment bien tourné. Tout compte fait, on aurait peut-être préféré quelque chose de plus traditionnel, car c’est là que Snow Patrol excelle réellement. «New York» est sans l’ombre d’un doute le moment fort de Fallen empires. À mi-parcours, son rythme saccadé de grosse caisse ajoute à son caractère déjà très mélancolique alimenté par un départ marqué de quelques accords de piano minimalistes. Dans la même veine, «The president» commence bien, tout en sobriété, mais aurait gagné à être écourtée : plus elle avance, moins elle étonne.

Au final, on est face à un rendu qui manque de cohésion et qui s’étire dangereusement, jusqu’à en perdre beaucoup de sa pertinence. Fallen empires plaira essentiellement aux inconditionnels de Snow Patrol. Il n’est que peu substantif pour les mélomanes qui recherchent l’originalité.

2.5/5