Passés le temps des fêtes et le triomphe de Star Wars, les requins d’Hollywood ont désormais les yeux tournés vers le mois de mai, déjà promis aux crocs de leurs plus grosses franchises (Captain America : Civil War, X-Men : Apocalypse). D’ici là, les salles sombres accueilleront nombre de productions de qualité, derniers reliquats cannois, films à Oscars ou nouvelles offrandes de cinéastes acclamés.

Patriotes et super-héros

On ne saurait évidemment passer sous silence les blockbusters explosifs et joyeusement originaux qui permettront aux amateurs de pétarades de patienter jusqu’à l’été. Dès le 15 janvier, le toujours très subtil Michael Bay (Transformers) nous offrira son interprétation de l’attaque perpétrée en 2012 contre le consulat américain de Benghazi, en Lybie. Dans 13 Hours : The Secret Soldiers of Benghazi, l’infatigable tâcheron retrace la résistance héroïque de six soldats. Dans le même genre, Lone Survivor de Peter Berg, avec Mark Wahlberg, avait fait merveille en 2013. Cette fois, avec Bay aux commandes, on s’attend au pire.

Les inévitables super-héros ne seront évidemment pas en reste. Le 12 février, la 20th Century Fox lancera Deadpool, anti-héros vengeur issu de l’univers Marvel. Le rôle-titre sera interprété par Ryan Reynolds (Green Lantern), qui enchaîne les contre-performances. Comme quoi, ils apprennent lentement, les bonzes hollywoodiens.

Batman vs Superman - L’Aube de la justiceLe 25 mars, enfin, Warner Bros et DC Comics doubleront la sauce en proposant Batman vs Superman : L’Aube de la justice, réalisé par le toujours polarisant Zack Snyder. Henri Cavill revêt de nouveau le costume du très christique Superman. Ben Affleck (Daredevil) sera Batman (définitivement, ils apprennent lentement).

 

Bons baisers d’Europe

Le fils de SaulCet hiver encore, la sélection européenne s’annonce alléchante. Elle débutera en grand le 15 janvier avec Le fils de Saul, qui a provoqué une véritable onde de choc au dernier festival de Cannes, où il a remporté le Grand Prix. Dans ce film hongrois sur l’holocauste, on suit, à travers une mise en scène très subjective, un père qui tente désespérément de protéger le corps de son fils, retrouvé dans le crématorium d’un camp de concentration.

Le 12 février, le vétéran français Jacques Audiard (De rouille et d’os) fera un retour sur nos écrans avec Dheepan, Palme d’or cannoise. Porté par des acteurs non professionnels, le long-métrage raconte le destin de trois Sri Lankais qui parviennent à émigrer dans une France qu’ils découvrent moins idyllique qu’ils ne le croyaient. Les critiques décrivent un film souvent dur et oppressant, lumineux par moments, aux émotions et à la morale parfois trop vivement soulignées.

Le 11 mars, L’Hermine de Christian Vincent, prix du meilleur scénario à la dernière Mostra de Venise, prendra d’assaut les écrans québécois. Fabrice Luchini, prix d’interprétation à ce même festival, y incarne Michel Racine, président de cour d’assises qui retrouve dans le jury d’une de ses affaires son ancien amour, jouée par Sidse Babett Knudsen (l’inoubliable Birgitte Nyborg de la télésérie danoise Borgen). On attend la rencontre avec impatience.

Les incontournables

BrooklynLe 8 janvier dernier sortait sur les écrans de Québec Brooklyn, drame acclamé par la critique qui devrait faire bonne figure à la prochaine cérémonie des Oscars. Saoirse Ronan y interprète une jeune irlandaise, immigrée à New York, écartelée entre deux amours, et entre l’Amérique et son pays natal.

C’est le 5 février que les frères Coen, en mode comédie déjantée, lanceront leur tout nouveau long-métrage, Hail, Caesar ! Campé dans le Hollywood des années 20, le film met en de l’avant un nombre impressionnant de vedettes, pour la plupart des habitués du cinéma des frangins. Josh Brolin (No Country for Old Men) y interprète un fixer dont l’un des protégés, une mégastar interprétée par George Clooney, a été enlevée par une organisation mystérieuse… Tilda Swinton, Ralph Fiennes et Scarlett Johansson sont aussi de la distribution.

Et au Québec ?

Le 29 janvier, les cinéphiles québécois pourront découvrir Là où Attila passe, qui raconte l’histoire d’un jeune turc (Émile Schneider), adopté par un couple québécois (Roy Dupuis et Julie Deslauriers), menant une vie solitaire jusqu’à sa rencontre avec une étudiante turque de passage au Québec.

Chasse galerieLe 26 février, Chasse-Galerie : La légende prendra enfin l’affiche, après avoir battu en retraite devant Le réveil de la Force. Production imposante, cette nouvelle version du célèbre conte au canot volant met notamment en vedette Fabien Cloutier, Caroline Dhavernas et François Papineau. En mars, deux cinéastes reconnus proposeront leur nouveau long-métrage : Boris sans Béatrice, du très expérimental Denis Côté, déjà attendu à la Berlinale, sortira le 4, alors que Les mauvaises herbes de Louis Bélanger (Gaz Bar Blues), avec notamment Alexis Martin et Gilles Renaud, atterrira sur nos écrans le 11.