Pour conclure cette 45ième édition, le Festival d’été de Québec avait fait confiance à un artiste bien de chez nous et populaire, Vincent Vallières, qui a eu carte blanche. Mère Nature s’est cependant invité à la fête sans demander la permission…

 

Cyril Schreiber

 

La soirée s’est plutôt bien amorcée avec le spectacle de la talentueuse Marie-Pierre Arthur sur les Plaines d’Abraham, devant un public d’abord dégarni mais de plus en plus nombreux au fil des minutes. Pas trop nerveuse et ravie de « faire les Plaines » officiellement pour la première fois (si on excepte sa participation au spectacle de la St-Jean il y a quelques semaines), la chanteuse et bassiste gaspésienne s’en est fort bien tirée avec un mélange de ses deux albums, Marie-Pierre Arthur et Aux alentours. Entourée de son énergique groupe et de deux choristes, Arthur a su avec efficacité se faire découvrir pour ce qu’elle sait faire de mieux : paroles imagées, musiques planantes, voix aérienne. Avec des versions souvent rallongées de Fil de soie, All right, ou les succès Pourquoi et Droit devant, la jeune artiste a su charmer l’immense auditoire et ouvrir en beauté la soirée. Tout allait encore bien à ce moment-là.

 

 

C’est sur le coup de 21h que le favori de la foule a fait son apparition sous les applaudissements : si Vincent Vallières connaît depuis quelques années une carrière qui force le respect, sa popularité a soudainement explosé avec la ballade On va s’aimer encore, qui a souvent été diffusée à la radio, trop souvent pour certains. Mais son répertoire ne se limite évidemment pas à ce titre, puisque le chanteur sherbrookois a quand même cinq albums derrière lui.

 

Afin de clôturer efficacement ce FEQ 2012, Vallières s’était non seulement entouré de son fidèle groupe (André Papanicolaou, Michel-Olivier Gasse et Simon Blouin), mais aussi de collègues et d’amis, qui ont rajouté une couche supplémentaire d’instruments – du bonbon pour les oreilles. Ainsi, Alex McMahon a officié aux claviers, Justin Allard était la deuxième batterie, Olivier Langevin (réalisateur du dernier album en date, Le monde tourne fort) nous a fait quelques solos endiablés… et Louis-Jean Cormier fut autant guitariste accompagnateur que directeur musical. On a d’ailleurs pu entendre un titre de son futur premier album solo, L’ascenseur, titre sur lequel Marie-Pierre Arthur est venu donner de la voix.

 

Ce fut un spectacle rock et énergique, où les arrangements de Cormier sonnaient fort bien, et où les chansons étaient souvent rallongées pour permettre aux musiciens de s’exprimer pleinement. Mention spéciale au doublé Et c’est un départ suivi de Beau comme on s’aime, de et avec Yann Perreau, qui dansait comme un petit fou.

 

Le spectacle était entré dans une phase plus calme et acoustique (Époque d’opinions et son concours de danse entre Papanicolaou et Gasse, Laura en duo avec Cormier, avant que celui-ci ne chante L’ascenseur) quand un orage électrique a éclaté. Au bout de quelques minutes d’interruption, le spectacle fut finalement annulé, au grand désarroi de la foule, trempée, mais qui vivait un grand moment de rock québécois. Quelques surprises, dont la présence de Richard Séguin, n’ont donc pu voir le jour.

 

Quelques irréductibles sont restés un peu, le temps de chanter On va s’aimer encore (que le Festival d’été a fait jouer, faute de pouvoir l’entendre en vrai), mais le site des Plaines s’est rapidement vidé, et c’est sur cette triste note, qui a laissé un goût d’inachevé, que le 45ième Festival d’été de Québec s’est fini.

Une conclusion fort décevante, surtout qu’il n’avait pas plu durant les dix jours précédents. Une soirée mémorable, autant pour de bonnes que pour de mauvaises raisons. Il reste une seule chose à faire : espérer que ce magnifique spectacle soit reprogrammé l’an prochain…