La galerie MATERIA est présentement occupée par une vingtaine de sculptures. Ce sont des vêtements faits de filets de métaux et décorés de petites pièces de verre. Tanya Lyons, l’artiste derrière l’exposition, s’identifie comme une artiste du verre. Elle le souffle, le travaille au chalumeau, en fait des fleurs et des feuilles. «C’est un matériau qui a beaucoup de propriétés. Il peut être cassant, il peut être solide. Il m’apporte beaucoup d’inspiration», souligne-t-elle.

La plupart des œuvres représentent des robes datant des années 1950. «C’est un vêtement qui est maintenant porté seulement pour les grandes occasions», explique Tanya Lyons. «C’est pour cette raison que le nom Dressing Up m’est venu pour cette exposition. De plus, Noël approche et ce sera bientôt le temps de s’habiller élégamment», ajoute-t-elle.

Le kimono comme influence
Son goût pour le vêtement, Tanya Lyons l’a acquis lors d’un séjour au Japon il y a 12 ans. Elle fut ébranlée par l’image qui est attachée au kimono, ce vêtement traditionnel que portent les Japonais. Le kimono était traditionnellement utilisé pour exprimer la position sociale de la personne qui le porte. C’est cet extraordinaire pouvoir du vêtement que Tanya Lyons exploite avec ses œuvres. «On peut changer ce qu’on est avec le vêtement que l’on porte. C’est quelque chose qui nous donne une identité», explique-t-elle. «Certains s’habillent pour se cacher, d’autres pour se faire remarquer», a-t-elle observé.

Des idées tirées de la vie
Chacune des robes conçues par Tanya Lyons ont émané d’idées toutes aussi originales les unes que les autres. La pièce «Hooker» fait une métaphore. La galerie l’a traduite «Accrocheuse», mais le terme anglais désigne plutôt une prostituée. L’artiste a accroché plusieurs dizaines de petits crochets en verre à une robe faite de filets en laiton. «Une prostituée accroche les gens et ses clients», illustre l’artiste.

Au centre de la salle, une robe faite d’un cadre en acier inoxydable illuminé par des fleurs de verre travaillé à chaud. Elle porte le nom de «Beauty». «Cette idée m’est venue en pensant à certaines femmes. Pour se sentir belles, elles peuvent se couvrir de fleurs avec une robe comme celle-ci», illustre Tanya Lyons.

Même si la robe est le thème central de l’exposition, Tanya Lyons a tout de même laissé une place pour une paire de pantalons. Avec «Freedom» (Liberté), l’artiste s’est inspirée de l’arrivée du pantalon dans la garde-robe des femmes. Elle fait réflexion sur la liberté qu’a apporté ce morceau de vêtement. «Les papillons de verre qui l’ornent évoquent une certaine envie de s’envoler. C’est toutefois quelque chose qui est contrasté par nos responsabilités quotidiennes, évoquées par la cuillère de bois et les clés qui y sont accrochées», explique l’artiste.