« Gazoline » pourrait rimer mauvaise odeur, endormissement et mort, mais quand le son des trois garçons du groupe pop-rock nous monte à la tête, c’est plutôt les effluves d’une belle fleur rouge, le goût de danser et de s’intoxiquer qui nous envahissent. Entrevue avec Xavier Dufour-Thériault, bassiste, chanteur et parolier de Gazoline.

Noémie Doyon

C’est à 18 h et un dimanche soir de semi-printemps que j’ai dérangé Xavier avec mes questions à l’improviste. N’empêche, c’est avec des airs paisibles et plaisants que le loverboy m’a parlé « de sexe, d’amour, de séduction et des doutes qui vont avec ».

Dans le même élan, le chanteur de la formation a souhaité démontrer, par les paroles décoincées et la poésie imagée qui s’accorde avec le son rock de leur premier album homonyme : « la différence entre vivre avec et coucher avec ». Extrapolant les contrastes, il explique que l’ensemble des onze chansons « relate le deuil, mais aussi l’idée de tomber en amour ». Et pour Xavier, il est normal que plusieurs mots, expressions ou messages s’y répètent, car « il y a quelque chose d’obsessif dans l’album ».

D’ailleurs, la pochette, qui dépeint le disque par bigarrures de rouge, de bleu et de noir, est un grand bouquet de fleurs ne dévoilant que le regard et le corps nu de son amoureuse qui « ne pourrait pas mieux le définir », selon Xavier, qui avoue aussi avoir écrit « presque toutes les paroles sur elle ».

Le dernier et premier opus complet de Gazoline s’image aussi avec le clip de la troisième chanson Ces gens qui dansent. S’étant majoritairement développé et basé sur l’idée qu’en avait Xavier, Gazoline a toutefois bénéficié des conseils du réalisateur qui y a apporté une facette religieuse. « On est dans l’aire des sciences », établit le chanteur, « on a voulu pousser l’idée de la religion populaire et des illuminatis ».

Par rapport aux puits d’idées peu communs, Gazoline ajoute à son lot la musique électro-coréenne qu’elle exploite afin de « briser les influences du Québec ». Et si le groupe se définit d’abord comme étant une formation de rock, Xavier explique : « il y a du punk en nous et du new-wave dans nos influences, mais on est d’abord pop ». La Gazoline ne veut pas ignorer les courants, elle veut suivre l’évolution naturelle de la musique et même si elle a toujours « le cœur au vintage », elle n’est jamais entière aux 60’s ou aux 80’s.

Et si le groupe Gazoline qui, poussé par les rigueurs de Chicoutimi, a déjà tenté le hard rock et suivi d’un peu trop près Dance Laury Dance avec son EP, elle le considère aujourd’hui comme une carte de visite. En fait, Gazoline « établit les bases avec son premier album » dans lequel elle a su, avec un rock d’amour et une pop désenchantée, mélanger et respecter la musique : sa musique.

Finalement, c’est vers 18 h 20 le dimanche soir que s’est terminé mon entretien avec Xavier et, même si la faim criait dans mon estomac, j’avais la bouche pleine de ses idées et de ses mélodies.

«… ils se regardent, mais s’ignorent en même temps… la la, la la… ces gens qui dansent, ces gens qui dansent… »