Courtoisie : Bonsound

Courtoisie : Bonsound

Ou génial, point final. Tout dépend de l’utilisation de la virgule, comme ponctuation rythmique. Dans tous les sens, on arrive à l’information que Ponctuation est un groupe de génie.

Hugo Lafleur

Arrivant sur scène dans un brouillard épais, éclairés de lumière à contre-jour, l’ambiance glauque pouvait apparenter les membres de Ponctuation aux chevaliers de l’Apocalypse : le point final de l’humanité. Dans toute leur candeur et leur agressivité juvénile, ils nous ont servi leur nouvel album au complet, tel un voyage à travers cette prise de conscience, comme si le train des génies précoces était passé sans crier gare, et que la vie avec ses drames et ses excentricités allait continuer avec ou sans nous. Dans un univers où ces créateurs ne sont plus qu’un souvenir, il ne reste que l’éphémère plaisir de profiter du reste de la vie, morceau par morceau, point par point, d’une manière ponctuelle.

Parlant du 27 Club, la pièce éponyme de l’album est arrivée en plein milieu du spectacle, nous offrant cet instant lourd, plein d’une réflexion contemplatrice sur l’ironie de la vie. Cette réflexion sur le sujet est aussi présente sur la couverture de l’album, beaucoup plus facile à voir et à apprécier en 33 tours. L’image est un collage de symboles représentant les thèmes de l’album, inspiré de Yokoo Tadanori.

Le groupe réussit avec succès le défi de présenter un son plein et équilibré avec seulement deux instruments ( trois si on compte la voix de Guillaume ). Pour ce faire, Guillaume joue avec un accordage altéré assez grave et dispose d’un ampli costaud, alors que Maxime bénéficie d’un jeu solide avec un floor et un bass drum bien amplifié. Les deux instrumentistes peuvent ainsi couvrir un spectre plus large et rejoindre leurs plans sonores dans un registre grave et sombre.

La formation réduite laisse plus de place à la chimie fraternelle, véritable bombe sur scène, qui amène la symbiose au point le plus élevé. Alors que Guillaume se trémousse avec sa tignasse frisée, Maxime défonce sa batterie en transe, la bouche ouverte. Les deux ont aussi plus de possibilités pour improviser sur la forme; Guillaume a pu se permettre quelques improvisations sonores en jouant avec les effets de son amplificateur ( un trémolo, par exemple ) et de ses pédales, traitant ces sections comme des créations de matière sonore en temps réel, au lieu de faire uniquement des solos traditionnels.

Ponctuation n’aura peut-être jamais l’attestation officielle de faire partie du 27 Club, mais il est sur la bonne voie pour figurer au panthéon des rois du rock ‘n roll. Et comme le disent les habitants du Ponctu-royaume : Ponctuation n’est pas mort, vive Ponctuation !

Point Final.