C'est devant un parterre bien garni que le groupe a fait son entrée sur scène. Le public, majoritairement formé de boomers enthousiastes, a bien accueilli la bande de «gitans». Cependant il aura fallu plusieurs chansons avant que les spectateurs ne se lèvent de leurs sièges. D'abord timide, le public s'est réchauffé au rythme de la musique festive. Certains se sont même risqués à quelques pas de danse devant leur banc.

Les amateurs de guitare aux pouces en l'air ont été servis lors de cette prestation. Les talentueux musiciens ont livré une performance à la hauteur de leur expérience. Il faut souligner que la bande ne se fait pas toute jeune. C'est avec un plaisir évident qu'ils ont interprété leurs plus grands succès. Les regards complices entre les guitaristes appelaient à l'intimité et au plaisir de la musique.

Le public a dû attendre l'unique rappel du groupe avant d'entendre la célèbre pièce «Bambolero», point culminant du spectacle. Les airs d'amour gitan tirés du large répertoire de la formation ont garni le reste de la soirée.

Certains ratés techniques ont toutefois jeté une ombre au tableau. Le claviériste a dû se battre avec la pédale de son instrument toute la première moitié du spectacle. Il a cependant pris sa revanche en deuxième partie lors d'un long solo aux accents jazz. De plus, le choix de certains éclairages laissait paraître le peu de temps alloué à la préparation de cet aspect de la soirée.

La formation a démontré que malgré l'âge, elle demeure jeune. La voix usée (mais tout de même sensuelle) de Nicolas Reyes chantait la pomme aux spectatrices. Signe que les musiciens ont toujours un pouvoir attractif sur la gente féminine: quelques demoiselles sont montées se dandiner sur scène. L'une d'elle est même repartie au bras d'un joueur de guitare.