Depuis le début de l’automne, les joueurs des trois ligues d’improvisation de l’Université Laval (LUI, LIMUL, LIDUL) se déchaînent sur l’improvisoire. Le spectacle tire maintenant à sa fin, mais le meilleur est encore à venir, et les rondes finales promettent un spectacle aussi intense que décoiffant. Retour sur une année faste qui attend encore son bouquet final.

Hommages et épousailles à la LUI

La Ligue Universitaire d’Improvisation (LUI), véritable institution lavalloise fondée en 1981, a encore connu cette année un énorme succès, rassemblant plus de 200 personnes chaque vendredi soir au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Des événements spéciaux sont venus rythmer la saison, certains soigneusement planifiés… et d’autres plus surprenants. « Un joueur a demandé sa copine en mariage sur l’improvisoire », se souvient notamment Samuel Bernard, président de la ligue. « À la dernière impro du match ! », renchérit aussitôt Alexis Thériault-Laliberté, responsable des communications de la LUI, tout sourire.

Parmi les autres moments forts de la saison, les deux compères mentionnent notamment la tenue d’un « match spécial gala » au cours duquel l’apport de deux joueurs à la ligue a été souligné. « On a introduit de nouvelles personnes à notre temple de la renommée », explique Samuel Bernard. Daniel Gosselin et Corinne Giguère ont ainsi rejoint les quatre immortels précédemment intronisés.

Une course folle

À la LUI, les quatre équipes sont parvenues à la fin de la saison régulière en peloton serré. En tête du classement, favoris du public, les Cœurs ne disposent cependant que de quelques points d’avance sur leurs adversaires. « C’est l’équipe qui fait le plus peur sur papier », avoue Samuel Bernard, qui pour sa part joue avec les Carreaux. Ceux-ci, derniers au classement, rencontreront d’ailleurs les meneurs en demi-finale et espèrent avoir l’occasion de faire valoir leurs « petites folies » et leurs retournements absurdes. Les deux joueurs étoiles de la ligue, Julien April et Marie-Noëlle Gobeil, se croiseront d’ailleurs sur l’improvisoire lors de ce match.

L’autre demie verra s’affronter les Piques, « une équipe moins expérimentée, mais qui a du chien », et les Trèfles, pour qui « l’histoire est très importante ». « Ils essaient vraiment de transporter les spectateurs dans leur univers », explique Alexis Thériault-Laliberté.

La LIMUL : une ligue bien installée

La ligue d’improvisation marginale de l’Université Laval, qui en est à sa septième saison, est désormais solidement implantée dans le paysage socioculturel lavallois. « On a de plus en plus de spectateurs, jusqu’à cent personnes en saison régulière », souligne ainsi Émile Groleau, président de la ligue. « On fait affaire avec la CADEUL, on vend désormais les bières de la microbrasserie universitaire et, depuis cet hiver, on peut compter sur un pianiste invité qui accompagne nos improvisateurs », énumère le vétéran.

La LIMUL réserve aussi trois matches par saison pour des événements spéciaux. Cette année, les improvisateurs marginaux se sont alliés à la ligue d’improvisation musicale SANS MESURE, formée d’étudiants en musique, pour offrir une soirée d’impro inédite alliant jeu, musique et chant. « Il y avait 200 personnes facilement. C’était très ‘’challengeant’’, mais on a reçu de supers commentaires du public », se réjouit Julien St-Georges Tremblay, joueur des Oranges, qui espère renouveler l’expérience l’an prochain. « On a réussi à améliorer, à créer quelque chose », renchérit-il.

Satisfait de cette expérience, Émile Groleau est aussi très fier des ateliers d’impro offerts par la ligue. « On a réuni jusqu’à 12 personnes. C’est une invitation à l’impro qui est forcément à répéter », précise le joueur des Rouges.

Un tableau ouvert

Bien malin est celui qui pourrait prédire l’issue des rondes finales de la LIMUL. Les Verts ont terminé la saison en tête, gagnant notamment sept matches de suite. « Ce sont tous de bons joueurs, avec des couleurs uniques, souligne Julien St-Georges Tremblay, mais au début, on se demandait comment tout ça allait s’emboîter ».

Pas très loin derrière, à égalité, les Rouges et les Oranges pourraient causer la surprise. « Les Oranges sont très constants, ils ont de bons joueurs constructeurs, alors que les Rouges ont des noyaux forts de joueurs, des duos très efficaces », expose Émile Groleau. Faisant figure de négligés en dernière position, les Bleus ont un jeu plus posé, mais « plus puncheur ». La lutte promet néanmoins d’être passionnante et le spectacle haut en couleurs.

Plaisir et partage à la LIDUL

Contrairement à la LUI, et comme la LIMUL, la Ligue d’Improvisation Dangereuse de l’Université Laval (LIDUL) se distingue de la « forme gravélienne d’improvisation », du nom de son fondateur Robert Gravel, en vigueur à la Ligue Nationale d’Improvisation. « On n’a pas autant de décorum, mais on commence à avoir notre identité propre », confie Julien St-Georges Tremblay, aussi arbitre à la LIDUL. « C’est l’fun d’avoir de la compétition, mais on essaie de miser sur l’idée d’un spectacle global », poursuit-il.

L’année a aussi été bien remplie pour la LIDUL, qui a notamment déplacé ses activités au Cercle, en plus d’organiser le Royal Rumble, un tournoi qui a uni les trois ligues d’improvisation de l’Université Laval. « C’était vraiment un beau moment d’impro », se souvient Yannick Castel-Girard, président de la LIDUL. « Depuis quelques années, il n’y a plus de tensions, et là on était comme une grosse gang », insiste l’improvisateur qui croit que l’événement « doit devenir une tradition ».

« L’adrénaline des séries »

À la LIDUL aussi, les rondes finales promettent d’être endiablées. La première demi-finale opposera les Biologiques, premiers au classement, aux Corrosifs, longtemps champions. « Ils ont beaucoup de fun ensemble, ils commencent en étant terre-à-terre et puis l’impro explose », décrit Julien Saint-Georges Tremblay. Quant aux Biologiques, ils possèdent des joueurs redoutables, « qui vont faire le flip seuls, et tout renverser ». 

Dans l’autre demie, les Toxiques, qui ont connu une fulgurante remontée en fin de saison, affronteront les Radioactifs, « une équipe à la chimie vraiment très forte, avec un quatuor de gars incroyable », selon Yannick Castel-Girard. « Les équipes sont crinquées, on veut que ce soit le plus festif possible », ajoute le président de la LIDUL. Bref, peu importe la ligue, le moment est plus qu’idéal pour découvrir l’impro universitaire !

LIDUL : Demi-finales les 1er et 8 avril, finale le 15 avril 20h au Cercle du Desjardins

LIMUL : Demi-finales les 2 (amphithéâtre Hydro-Québec) et 9 avril (Grand Salon), finale le 16 avril 20h (amphithéâtre Hydro-Québec)

LUI : Demi-finales les 10 et 17 avril, finale le 24 avril 20h au Grand Salon


 Florilège LIMUL

« M’a y placer un Falcon Punch drette s’a yeule » – Un boxer (Gabriel Bouchard-Émond) avant un tendre combat contre son frère.

« Moi, j’suis pas ben ben souple hein, j’suis en chaise roulante » – Une femme (Alicia Vigneault-Gharbi) avant une partie de Twister endiablée.

« Oh non ! Les chaises mangeuses d’hommes ont commencé à sévir ! » – Rafaële Bolduc, dans un contexte qu’on devine terrifiant.

Florilège LIDUL

« Laisse le rap, c’est négatif pis ça parle juste de la rue pis du bitume » – Sarah-Claude Vanlandeghem

« J’ai fraudé aussi, ça a pas marché, je les ai tous tués » – Benoit-Olivier Brazeau

« Appelle-moi popa, c’est comme ça que je me faisais appeler en prison » – Nicolas Raymond