Il y a quatre ans, le Festival de la bande dessinée francophone de Québec  (FBDFQ) tentait une expérience originale d’improvisation « bédéesque ». C’était « une première au Québec », nous confie Thomas-Louis Côté, directeur général du festival. L’événement a connu un succès certain : la Ligue québécoise d’impro BD (LiQIBD), qui entame cette année sa troisième saison, est née de ces premiers balbutiements.

« C’est en visitant d’autres festivals de BD qui offraient des performances de ce type, en France principalement, que l’idée nous est venue » raconte Thomas-Louis Côté, l’un des deux initiateurs de la LiQIBD avec Raymond Poirier. « Nous avons ensuite développé notre propre concept, sous la forme d’une ligue d’improvisation. »

En fait, le fonctionnement de l’« impro BD » est relativement simple : selon les grands principes d’improvisation développés par la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI), deux équipes s’affrontent sur différents thèmes pour le plus grand plaisir du public. Cependant, aux quatre comédiens habituels s’ajoutent deux nouveaux joueurs pour chaque formation : des dessinateurs, issus du milieu de la bande dessinée, qui ajoutent une toute nouvelle dimension à l’improvisation classique.

Les deux facettes de l’« impro BD » sont indissociables, comme l’explique le grand manitou de la ligue : « Le dessin peut être un allié du jeu, ou alors une contrainte. L’inverse est aussi vrai. Tout se fait de concert : les comédiens peuvent parfois s’adonner au dessin et les dessinateurs peuvent jouer » poursuit le fondateur de la LiQIBD. C’est ainsi que des comédiens issus de différentes ligues québécoises d’improvisation et des auteurs professionnels de BD s’unissent afin d’offrir  quelque chose d’unique au Québec. À cela, il faut aussi ajouter la musique qui vient rythmer les différentes prestations.

Bref, l’expérience se veut totalement immersive. Les dessins étant projetés sur la patinoire, les comédiens peuvent interagir avec les créations des dessinateurs. « On veut que tout le monde voie, mais aussi que le dessin fasse partie intégrante de l’impro », souligne Thomas-Louis Côté. Il suffit d’une caméra, d’un projecteur, et le tour est joué. D’ailleurs, le concept est évolutif, et de nouvelles idées germent sans cesse. Pour le président du FBDFQ, il s’agit de l’une des grandes forces de la LiQIBD : « On tient des ateliers pour développer de nouveaux concepts, de nouvelles façons de faire. C’est le genre de choses que l’impro classique, qui est très formatée, ne permet pas nécessairement ».

Avis aux amateurs et aux curieux : la saison 2014-2015 de la LiQIBD a débuté le dimanche 14 septembre et devrait se poursuivre, à raison d’un match par mois, jusqu’à la grande finale qui aura lieu en mai. C’est au Cercle (228, rue Saint-Joseph Est) que les improvisateurs-dessinateurs s’adonnent à leur art. Le prochain rendez-vous est déjà fixé : le 26 octobre, les Rouges et les Bleus croiseront le crayon !

Quoi : La Ligue québécoise d’impro BD (LiQIBD)

Où : Au Cercle (228, rue Saint-Joseph Est)

Quand : Le prochain match aura lieu le 26 octobre 2014 à 20h

Combien : 5 $