Les finissants du Baccalauréat en théâtre de l’Université Laval présenteront du 12 au 14 avril la pièce féministe Les Monologues du vagin d’Eve Ensler. Le collectif Les Jarretières, composé de neuf étudiants, a travaillé toute l’année sur le projet.

C’est par la proposition de leur professeur responsable du cours d’analyse de textes que ces passionnés de théâtre ont accepté de porter la pièce. Ils ont pu la travailler en profondeur puisqu’ils l’avaient déjà étudiée durant leur cursus.

Mettant à profit les diverses compétences en production, en éclairage et en conception sonore qu’ils ont acquises dans le cadre de leur formation, ils croient avoir réussi le pari de donner une voix à tous les types de femmes de partout dans le monde.

C’est du moins ce qu’affirme l’une des interprètes et conceptrices, Audrey Thibeault. « C’est un sujet à portée universelle que toute femme peut s’approprier peu importe sa condition. Même si le texte n’était pas facile à mettre en scène, on a tous dit oui, car ça nous tenait à cœur », assure-t-elle.

Cet engagement pour la cause féministe transparaît d’ailleurs dans le processus de création à différents niveaux. Arianne Côté, qui performe également dans la pièce, avoue que son attrait pour le strip-tease burlesque a beaucoup influencé les premières explorations scéniques.

« Le but dans notre mise en scène, explique Audrey, était de jouer avec le caché-dévoilé, une thématique qui préoccupe les femmes et qui est toujours d’actualité. Par exemple, si tu montres un bout de ton sein, ben là, voyons donc, t’es pas féministe ! »

De beaux défis

Mike Vallerand, qui a lui aussi collaboré à plus d’un titre ces huit derniers mois, précise quant à lui que « le défi de tout cela, était de prendre ce texte, habituellement porté par une femme seule en scène et de trouver une espèce de dramaturgie à travers les monologues pour en faire une mise en espace poétique, théâtrale et habitée par plusieurs femmes. »

Selon Arianne, le public sera d’autant plus captivé, puisque la troupe a pris le pari de changer d’univers et de style entre les monologues. « On trouvait que c’était une idée fabuleuse de ne pas être tout le temps dans le même lieu, avec le même costume et avec la même esthétique. On est vraiment fiers de l’avoir fait, mais ça a multiplié notre travail et demandé plus de réflexion à cause des transitions que cela rajoutait. »

Audrey assure toutefois que l’équipe s’en est, au final, bien sortie malgré les obstacles. « On a à peu près dix ambiances différentes dans notre pièce qui dure 1h20 au total. Sans parler du fait que nous nous sommes rajoutés la difficulté d’assurer la musique et la vidéo on stage. »

Confronter le spectateur

On ne peut rester indifférent devant une œuvre aussi intimiste et ce faisant, la troupe a trouvé intéressant de confronter le spectateur à ses pairs pour qu’il puisse observer leurs réactions. Et elle entend lui donner une part active en le plaçant autour de la scène pour qu’il participe de cette manière au dispositif, plutôt que d’être dans un rapport frontal comme lors d’un laboratoire.

De son côté, le caractère quelque peu provocateur du nom de la troupe n’est pas étranger à cette démarche puisqu’une jarretière, à la différence d’une jarretelle, n’a pas d’usage utilitaire et n’est que purement décoratif. « Je les mets parce que ça me tente de teaser, il n’y a pas d’autres raisons, ça me tente d’être sexy, pis fais avec », explicite Audrey. Sa collègue précise par ailleurs que le but était de rajeunir l’image du féminisme.

La pièce Les monologues du vagin sera présentée du 12 au 14 avril à 19h au studio 1 du LANTISS, au Pavillon Louis-Jacques-Casault. Elle sera également offerte dans le cadre du Festival international du théâtre au Collège Valleyfield le 22 avril.