Deuxième soir 100 % francophone au Festival d’été de Québec sur les Plaines d’Abraham en ce dimanche 7 juillet avec un programme triple, hétéroclite et inusité.

Cyril Schreiber

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C’est Xavier Caféïne qui a ouvert le bal à 19h avec, sous le coude, les chansons de son nouvel album New Love, dont l’efficace Lettre d’amour, le seul titre en français, paradoxal pour une soirée supposément francophone – mais la majorité du répertoire de Caféïne reste dans la langue de Molière. Devant une foule plus qu’éparse, le vétéran chanteur punk-rock qui roule sa bosse depuis plus de 15 ans n’en a pas moins livré une prestation énergique dont il a l’habitude, en extérieur comme en salle. Entouré de 4 musiciens dont le guitariste Serge Nakauchi Pelletier (du groupe Pawa Up First), Caféïne a tout de même porté une attention particulière à chanter ses titres en français, dont les succès La fin du monde et Gisèle, toujours appréciées du public, et dont les mélodies sont efficaces, et même parfois mélancoliques. À découvrir si ce n’est déjà fait.

La foule était déjà plus nombreuse pour de la visite rare à Québec (moins à Montréal), celle du chanteur français –M–, alias Matthieu Chédid, dont le dernier passage dans la Vieille-Capitale remonte à 1998. –M–, au style toujours extravagant (costume à paillettes rouges, lunettes-miroir), venait présenter le spectacle découlant de son dernier album en date, Îl,  dans une version concentrée, avec certes ses nouvelles chansons, mais aussi beaucoup de vieux titres appréciés, dont les incontournables Je dis aime, Mama Sam et Machistador. Avec seulement deux musiciens en sa compagnie, dont Brad Thomas Ackley et sa basse-tare (qui fait basse, guitare et machine électronique), –M– a été comme à son habitude une bête de scène imparable qui nous a prouvé encore une fois tout son talent d’auteur-compositeur-interprète, mais aussi de guitariste – ses solos étaient impressionnants. Très actif avec la foule, qui ne s’est pas gêné pour chanter (y trouvait-on des compatriotes français ?), –M– connaît le sens du spectacle, dans son sens le plus large et le plus noble, rythme et éclairages à l’appui. Si –M– a pu, dans les dernières années, agacer notamment par son omniprésence, ce fut pas le cas en ce dimanche soir, ni au Québec en général : il peut revenir en salle quand il veut par chez nous. L’attente en aura valu le coup !

Le clou de la soirée de cette soirée franco fut Les Trois Accords, ce groupe québécois qu’aime ou qu’on déteste, ou qu’on aime détester pour certains. Quoiqu’il en soit, les Plaines d’Abraham étaient bondées pour ce spectacle tout spécial puisque s’intitulant Les Trois Accords avec plein de filles, une grosse fanfare et des explosions de feu ! Cette carte blanche nous réservait quelques surprises indiquées dans le titre : la fanfare du Royal 22e Régiment, une chorale (qui se confondait parfois avec celle que formait la foule), quelques projections, des chanteuses et même des pompom girls (et hommes) !

Flanqué de Vincent Réhel aux claviers pour l’actuelle tournée des festivals, le quatuor mené par Simon Proulx a allégrement pigé dans son vaste répertoire aux accents comico-absurdes, qui renferme aussi quelques chansons aux textes plus sérieux, surtout dans les deux derniers albums. Impossible de résister à leurs succès qui sont, qu’on les aime ou non, accrocheurs et faciles à fredonner. « Plein de filles », ce fut Lisa Leblanc sur Saskatchewan au banjo en duo avec Simon Proulx, pareillement pour Ingrid St-Pierre au piano sur la touchante Le bureau du médecin, Cœur de Pirate sur Dans mon corps (de circonstance avec elle) et Renée Martel avec Sur le bord du lac, un duo déjà présent sur l’album et un beau moment ici. La fanfare du Royal 22e Régiment, présente sur une dizaine de titres, apportait une belle profondeur musicale, surtout sur Vraiment beau, Elle s’appelait Serge, Hawaïenne et Ton avion (en rappel avec la foule comme chœur, un parfait bouquet final), réarrangées pour l’occasion. Bref, une grande fête totalement réussie par un groupe au sommet de son art  et une soirée dont on se souviendra longtemps !