Beaucoup l’ont vu au Show de la rentrée cet automne, et à la fin, sont ressortis au compte-goutte, avec le sourire fendu jusqu’aux lobes. Avec un deuxième album, Karim Ouellet reverra ces mêmes sourires au passage, puisque ceux qui ont aimé Plume aimeront assu­rément Fox. C’est impératif.

Il ne s’agit pas tant là d’un compliment que d’une constatation de la cohérence entre les deux opus. On y entend la même dynamique, les mêmes soubresauts vocaux, les mêmes atmosphères. Toujours teintées de soul, de reggae, de folk et soutenues par des sons électro, ses mélodies s’immiscent par une oreille et ne trouvent pas la sortie de l’autre. Toute la journée, les différents refrains s’enchaînent, restent enfermés dans la boîte crânienne et refont surface en des instants impromptus, comme lors d’un examen de mi-session par exemple.

Karim Ouellet a su trouver une voix pop particulière qu’il utilise pour regrouper les genres influents. Le thème unique, par sa récurrence sur les deux albums, assemble tous les morceaux et forme une sorte d’oeuvre hymnique consacrée à la passion amoureuse. Amené par des arrangements musicaux justes et parfois surprenants, l’éloge à l’amour est alimenté par des histoires fantastiques, rappelant par mo­ment les fables de La Fontaine. D’ailleurs, la pochette de Fox rappelle Le petit prince de Saint-Exupéry.

Les «baby» et autres phrases anglaises accrocheuses qui apparais­saient au beau milieu d’un vers dans le précédent disque reviennent aussi dans certaines des nouvelles chansons. Notamment, on remar­quera que l’«alléluia» présent dans Météore, sur Plume, réapparaît aujourd’hui dans Le lapin blanc. La récurrence nous paraît logique, car l’artiste a grandi vite. Ce deuxième disque semble provenir du même processus créatif que le premier.

Donc, on en retient que Karim Ouellet a fait son chemin jusqu’à la scène québécoise et s’arrange pour y rester. Bien que ses deux premiers pas soient articulés rapidement un après l’autre, on sent que l’artiste est stable. Son travail a été apprécié et encouragé, et la suite qui se matérialise par Fox ne prend pas le risque d’expérimenter d’autres avenues. Fox est sage… et rusé.

3.5/5

Sébastien Blondeau