La musique de Ballaké Sissoko et Vincent Segal dans la petite salle du Palais Montcalm fut un véritable charme en ce 22 septembre nocturne. Au carrefour du Mali et des influences multiples que transporte le violoncelliste de ce duo, les pièces s’enchaînent sur un ton posé et reposant. Un voyage qu’il nous peine d’interrompre pour applaudir les deux acolytes qui ne sont toutefois pas sans le mériter!

Les histoires qui semblent nous être racontées par cette union de tradition mandingue et musique classique occidentale tirent de la délicatesse et de la volupté. Si l’on peut croire qu’il existe une distance énorme entre ces deux arts, assister au spectacle de leur tête-à-tête nous montre à quel point l’accord est possible. C’est tout en écoute mutuelle et en dialogue que Sissoko et Segal envoûtent l’audience. La virtuosité pour elle-même n’existe pas, ici chaque note joue pour le sens et l’émotion et ce, sans surjouer ni omettre la justesse technique.

Sons de rêve et d’intimité, les compositions ne peuvent laisser insensible. Le naturel et la simplicité s’en dégageant nous laissent dans un véritable sentiment d’évidence; comme si cette musique existait depuis que les étoiles brillent. Ne criez toutefois pas au miracle, il est requis du public de se laisser volontairement tomber dans l’ambiance suggérée. Et il faut bien prêter l’oreille pour y arriver, car cette douce trame sonore pourrait très bien, précisément par trop de douceur, vous faire oublier qu’elle vibre toujours.

L’album Chamber Music est une brise par laquelle on aimerait se faire bercer toute la nuit. Cette rencontre entre la France et le Mali se ballade bien au-delà de ses frontières et, si vous portez un intérêt pour les métissages musicaux inédits et les musiques authentiques, vous trouverez peut-être un bijou insoupçonné pour accompagner moments réflexifs et errances éphémères.