Une petite foule (ô combien attentive) s’est regroupée dans la section spectacle du bar le Sacrilège, le 28 septembre dernier, pour assister au spectacle de Joce Ménard, un jeune chanteur de la relève.

Entre une entrevue avec le Téléjournal de Québec, les amis et curieux venus voir ce qu’avait à offrir ce nouvel artiste et le bruit ambiant du bar, Joce Ménard semblait tout à fait à l’aise dans cet univers, comme s’il avait fait ça toute sa vie.  

En presque une heure de spectacle, accompagné de sa guitare et de deux musiciens (clavier et batterie), Joce a interprété presque toutes les chansons de son album. Quelques compositions qui ne se retrouvent pas sur Y’a des jours étaient également au programme, ainsi que deux interprétations libres et comiques de Kevin Parent et du légendaire Elvis.  

Y’a des jours

D’abord lancé à Montréal au début du mois, le premier opus de Joce Ménard a mis du temps à naître. «Je travaille depuis presque trois ans sur cet album, je suis vraiment content de le sortir enfin», confie Joce, qui voulait prendre son temps pour écrire des chansons et s’entourer de gens avec qui il avait envie de travailler.

Pour la préparation du premier album de Joce Ménard, le musicien Éric Goulet (chanteur des Chiens, aussi connu sous le nom de Monsieur Mono), a apporté son aide, particulièrement pour les arrangements sonores, dont la qualité transparaît sur l’album. Celui-ci a d’ailleurs collaboré avec Yann Perreau et Vincent Vallières. «Ça a tout de suite cliqué entre lui et moi, on s’est très bien entendu sur les visions musicales que nous avions pour l’album», déclare Joce, gagnant du festival de la chanson de Granby en 2007. «Je voulais des mélodies qui permettaient des envolées vocales et de longues notes», soutient-il, comptant parmi ses inspirations Jeff Bucklé, Noir Désir et Bashung.  

Les douze chansons de Y’a des jours sont des compositions de l’auteur, à l’exception de «La mort des amants», un poème de Baudelaire librement interprété. «C’est la seule chanson où je ne m’accompagne pas à la guitare. Ça fait du bien», affirme Joce Ménard, qui dit avoir vu dans le poème tiré des Fleurs du mal une musicalité qu’il avait envie de traduire et de mettre sur son album. Le musicien dit avoir beaucoup travaillé les paroles de ses chansons, notamment en lisant de la poésie.

Un grand nostalgique

Ce qui frappe à la première écoute de l’album, c’est la sensibilité de la voix de Joce. Un peu chevrotante, presque hésitante, à travers une poésie bien personnelle, qui parle de réflexions sur la vie («De mon temps»), d’histoires inventées («Je me souviens»), mais surtout d’amour («Pour toujours» et «Tu m’habilles», inspirée d’un dessin de sa copine).

De ses démons intérieurs («Traître sous mon toit») à sa première copine de Québec («Elle était une fois»), en passant par son univers poétique («Au bal des anges») et le quotidien qui le rattrape («Y’a des jours»), on sent à travers les paroles du musicien une nostalgie de l’amour et des tourments de l’esprit qui en accrocheront certainement plusieurs.

«Je vois mes chansons comme des photos de moments de ma vie qui m’ont porté et que je mets en musique», explique l’artiste. Joce Ménard admet qu’il y a un côté très intérieur et personnel à son album, sans pour autant que cet aspect ne soit «trop lourd». Les pièces sont bien équilibrées à ce titre, certaines étant plus intimes que d’autres.

Pour un premier album, Y’a des jours est bien réussi, de par sa qualité musicale et son écriture intelligente, sans être pour autant innovateur. Joce a encore à apprendre, notamment dans l’affirmation de sa voix, mais c’est justement ce petit côté hésitant et sensible qui charme. À écouter pour faire du bien à l’âme.