La Fabrique de demain : Les étudiants peu impliqués

Photo : Pierre FortierPhoto : Amaury PaulPhoto : Amaury PaulPhoto : Amaury PaulPhoto : Amaury PaulPhoto : Alice Beaubien

Malgré de nombreuses consultations auprès de techniciens de l’école et autres, les étudiants ne se sentent pas totalement impliqués dans La Fabrique de demain, projet de réaménagement du pavillon du boulevard Charest qui les touche directement.

La Fabrique de demain est un projet majeur de trois ans qui vise le réaménagement adéquat d’ateliers, de salles de classes, etc. Les plans d’architecture de la phase II seront présentés le 14 avril et les travaux commenceront pendant l’été.

Le réaménagement vise notamment à créer plus d’espaces dans le pavillon. Le nouveau baccalauréat en design de produit doit accueillir trois cohortes, totalisant 225 étudiants, l’automne prochain. Il faut donc leur trouver de la place.

Les étudiants ne siègent pas sur le comité de travail interdisciplinaire qui se réunit chaque semaine sur l’avancement des travaux. « Ça serait difficile » de les inclure, lâche timidement le directeur de l’École d’art, Jocelyn Robert.

Pourtant, on a demandé environ 30 000 $ au Fonds d’investissement étudiant (FIE) pour investir dans du matériel et de l’équipement pour la Faculté. « Le petit comité », un nouveau sous-groupe du FIE, vient d’être créé avec seulement un représentant par programme afin de mieux suivre l’investissement des fonds dans la FDD.

Francis Leduc-Tremblay, son président, est très perplexe à ce sujet. « Il y a une réticence des étudiants à remettre cette enveloppe parce qu’on se rend compte que nos besoins ne sont pas nécessairement écoutés. On a peur que ces fonds soient utilisés de façon non optimale. »

Il explique, par exemple, que le baccalauréat en art et science de l’animation (BASA) a décidé de geler sa part, car le local de motion capture (fond vert), nécessaire pour environ 30 % du contenu de leur programme, n’a toujours pas été relocalisé. Cependant, il admet que les demandes des étudiants en graphisme, dont il est le représentant, ont réussi à être acheminées via le comité de programme composé du directeur et de professeurs.

Des babillards papier – de même qu’une version électronique – ont été installés afin que tous puissent proposer des idées à la Fabrique de demain. Dans les propositions, on peut trouver : un parking à vélo, des murs végétaux et des murs en vitre, des meilleurs rangements pour les œuvres d’arts visuels, des tables ajustables, un atrium plus convivial, etc. Un site Internet a également été créé pour suivre les travaux.

Un projet peu connu 

Malgré son ampleur et des communiqués, certains ignorent encore en quoi consiste ce projet de réaménagement, comme deux étudiantes en première année de design graphique qui sont restées béates une fois interrogées.

« On ne connaît pas grand-chose de la Fabrique de demain. On sait qu’il va y avoir des rénovations pour agrandir les ateliers et pour qu’ils soient plus accessibles, c’est par nos professeurs qu’on a de l’information », détaillent des étudiants en design de produits. Ces derniers déplorent aussi la petitesse de leur local et le manque de rangement pour leur maquettes qui s’entassent vite en fin de session.

Des étudiants en arts visuels regrettaient également que l’accès aux ateliers ait été restreint cette année en raison des nombreuses consultations des techniciens. Aucune plage horaire de compensation ne leur a été offerte selon eux. Une étudiante cite une autre personne en lâchant : « La Fabrique de Demain oui, mais la Fabrique d’aujourd’hui, qu’est-ce que vous en faîtes? Les gens ont besoin de cet accès pour travailler et pas seulement à des horaires de bureaux ».

Dans l’ensemble, la plupart des étudiants restent tout de même enthousiastes quant au projet.

Une Fabrique renouvelée malgré les compressions

« On avait évalué un besoin de 1000 mètres carrés initialement. On nous a demandé de revoir ce chiffre à la baisse à cause des débuts des compressions budgétaires », explique Alain Rochon, le doyen de la Faculté d’aménagement, d’architecture, d’art et de design (FAAD).

Il faut rappeler que le budget alloué dépend de l’enveloppe de l’investissement accordé à l’institution pédagogique, et non des fonds de fonctionnement. Ces deux enveloppes ne sont pas transposables selon la loi. « L’université croyait beaucoup au développement de ce programme et il voyait cet investissement comme prioritaire », indique le doyen.

Jocelyn Robert ajoute que « les deux baccalauréats en arts vont ainsi profiter de l’optimisation des nouveaux ateliers. Ce n’est pas la conséquence de la Fabrique de demain, mais un boni ». De même, le baccalauréat en design graphique compte utiliser le pôle média pour accueillir plus d’étudiants pour des conférences selon son directeur de programme, Frédéric Lépinay. Quant au BASA, il a été relocalisé dans le l’Édifice du Boulevard, pavillon situé sur Charest connexe à la Fabrique depuis l’année dernière.

Trois phases du projet

2015 : 1 711 000 $ — Phase I – Secteur dessin et peinture

2016 : 1 335 000 $ — Phase II – Secteur ateliers technique

2017 : 1 285 000 $ — Phase III – Pôle média, de service et centre de documentation

Total : 4 331 000 $

Budget

Un budget pour le mobilier et équipement a aussi été octroyé sur trois ans.

Université : 330 000 $

FAAD : 100 000 $

Étudiants : 33 300 $

Total : 463 300 $

Données : Faculté d’aménagement, d’architecture d’art et de design de l’Université Laval