Auteuil demeure donc en terrain connu : immense dans Jean de Florette, qui lui avait valu le César du meilleur acteur en 1987, il avait déjà eu l’occasion de goûter à l’univers si particulier du mythique écrivain et cinéaste français.

Cependant, cette fois, le défi était d’une tout autre ampleur : il lui fallait être à la fois devant et derrière la caméra. Une tâche importante, certes, mais relevée avec efficacité et honnêteté. On ne parle pas ici d’un chef-d’œuvre, loin s’en faut : le scénario, l’interprétation et la réalisation ne quittent pas les sentiers traditionnels, et de nombreuses ruptures de ton viennent miner une histoire qui aurait pu avoir une tout autre dimension.

Néanmoins, si on s’abandonne à la poésie si particulière qui imprègne le film, lui donne son atmosphère, l’objet final se trouve être d’une grande beauté. Les images de la Provence, sublimes, ont de quoi faire rêver, et touchent parfois au lyrisme. Il faut aussi souligner la performance solide des interprètes : Daniel Auteuil est poignant en chef de famille tiraillé entre son honneur et son amour pour les siens, tandis que Kad Merad  et Astrid Bergès-Fribey livrent une partition plus que convaincante dans leurs rôles respectifs. La fille du puisatier n’est pas un grand film, mais possède un charme indéniable.

Quoi ? La fille du puisatier

Qui ? Réalisation et adaptation : Daniel Auteuil

Où ? Cinéma Le Clap et Cineplex Odéon Beauport