Autrefois réservés à une poignée d’adeptes, les podcasts (émissions de radio téléchargeables sur un appareil électronique) sont devenus de plus en plus populaires au courant des dernières années, notamment en raison de la démocratisation des baladeurs numériques, de quelques émissions ayant connu un succès retentissant et de la diversification des produits offerts 

Si le terme « baladodiffusion » est préféré dans le Canada francophone, « podcast » demeure largement employé dans le reste de la francophonie. Le mot est par ailleurs apparu au début des années 2000. Il semble qu’il soit en fait un mot-valise résultant d’une opération circonstancielle effectuée par un journaliste britannique.  

Un mot-valise pour désigner un nouveau phénomène   

En 2004, Ben Hammersley a inventé le terme après que son supérieur lui ait demandé d’ajouter quelques mots à un article jugé trop court. Hammersley expliquait alors le nouveau phénomène permettant de télécharger du contenu radiophonique sur un baladeur. Dans le but d’allonger l’article quelque peu, le journaliste a décidé de trouver un nom à ce nouveau phénomène. « iPod », lequel connaissait alors un succès important, et « broadcast », soit « diffusion », ont alors été fusionnés pour désigner la nouvelle pratique. La trouvaille de Hammersley a fait son entrée dans le New Oxford Dictionary un an plus tard, en 2005. Les adeptes d’émissions de radio se sont approprié le terme, et celui-ci s’est ensuite étendu au reste du monde, gagnant aussi tranquillement les néophytes en matière de radio.  

Serial et sa popularité tentaculaire  

À l’automne 2014, le podcast de journalisme d’enquête Serial, animé par la journaliste américaine Sarah Koening, a atteint des cotes d’écoute inégalées. Chaque épisode sur l’enquête visant à élucider les circonstances de la mort suspecte de la jeune Hae Min Lee à Baltimore en 1999 a été téléchargé à plus de trois millions de reprises.  

De nombreuses adaptations et déclinaisons de Serial ont depuis vu le jour. La mouture québécoise a, quant à elle, été créée par Radio-Canada l’été dernier. Intitulée « Disparue », l’émission est animée par le spécialiste en affaires judiciaires et ancien policier Stéphane Berthomet. Ce dernier tente de faire la lumière sur la mystérieuse disparition de Marie-Paule Rochette à Montréal au début des années cinquante.   

 

Amour, technologie et recherche à se mettre dans les oreilles 

Certes, les émissions visant à dépoussiérer les cold cases ont la cote auprès des amateurs de podcasts depuis longtemps. Or, on trouve de plus en plus de contenu s’articulant autour de sujets variés, comme les aléas des histoires d’amour modernes, les nouvelles technologies et les avenues non conventionnelles de la recherche universitaire.  

À titre d’exemple, Modern Love, le podcast de la section éponyme du New York Times, attire des auditeurs en quête d’histoires inspirantes, émouvantes et troublantes. Bien que les histoires proposées soient les mêmes que celles se trouvant dans le journal, elles sont lues par des artistes comme Kristin Scott Thomas, Uma Thurman et Jake Gylleenhaal. L’émission de Radio-Canada La Sphère, animée par Matthieu Dugal, attire pour sa part de nombreux férus de technologie.   

Ce ne sont toutefois pas exclusivement les médias traditionnels qui se lancent dans la création de podcasts. L’an dernier, Urbania et l’UQAM se sont associés pour créer l’émission Grosses têtes. Six étudiants de l’université en question proposent une vision plus éclatée et ludique de la recherche universitaire traditionnelle et explorent des sujets comme la mort, le territoire et le mouvement.  

Tout porte à croire que cette diversité grandissante dans les produits offerts stimulera l’engouement pour le téléchargement d’émissions radiophoniques. De plus en plus de productions verront probablement le jour dans les années à venir, en raison du fait qu’il est assez simple de produire soi-même du contenu et que l’équipement nécessaire est désormais à la portée de tous.