Quelques changements soulignent la nouvelle saison des Treize, comme l’arrivée de Delphine Quenneville à la présidence de la troupe. Ensuite, pour assurer un meilleur service auprès de la communauté universitaire et des amateurs de théâtre, l’organisation a maintenant un nouveau site Web. Celui-ci permettra sous peu l’achat de billets en ligne grâce à la technologie PayPal. Un autre point positif: des photos défilent dans une bande située dans le haut de la page principale. En plus de relever l’esthétisme du site, cette innovation encourage la participation des spectateurs, qui sont invités à envoyer leurs photographies des pièces afin qu’elles y figurent.

Un peu de piquant

Pour cette saison d’hiver, Les Treize doublent leur programmation. À la session d’automne, la troupe avait présenté La Gare de St-Duboutte, Une Année sans été et Le Psychomaton. Pour cette deuxième période annuelle, 11 projets ont été soumis aux membres du conseil administratif des Treize qui, non sans difficulté, en ont sélectionné six. La présentation du projet, l’équipe de production et la mise en scène faisaient partie des critères de sélection, tout comme la motivation des participants de voir leur travail mis sur pied.

La programmation ne s’articule sous aucun thème en particulier, mais selon Louis Morin, responsable des communications externes des Treize, la sélection a emprunté une certaine direction. «C’est peut-être attribuable à la conscience collective, mais quelque chose ressort. Il y a un petit côté osé dans chacune des pièces choisies», explique-t-il.

La pièce Sextett de Remi de Vos ouvrira le bal, du 16 au 27 février. Son metteur en scène, Philippe Savard, soutient qu’il a conservé «l’esprit étrange, insolite et sexy» de cette œuvre relatant les aventures de Simon et de son voisinage féminin, à son retour à la demeure familiale. Peut-être connaissez-vous la série télévisée parodique Kaamelott, dans laquelle le roi Arthur et ses chevaliers de la table ronde tentent maladroitement de conquérir le Graal? Maude Bégin-Robitaille présentera une adaptation de ce feuilleton français signé Alexandre Astier du 2 au 5 mars. Valérie Lalonde Samson nous emmène ensuite dans le bordel de luxe du Balcon, une pièce de Jean Genet, du 15 au 20 mars. D’abord mise sur papier par l’écrivain Horace McCoy, puis adaptée au cinéma par Sydney Pollack, c’est au tour de Fannie Buteau-Paré de mettre en scène l’œuvre On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don't They?). Du 23 au 27 mars, la scène de l’Amphithéâtre Hydro-Québec sera donc occupée par un marathon de danse «couru» par une panoplie de personnages désireux de rapporter le grand prix. Pendant ce temps (du 23 mars au 3 avril), Adieu Beauté, une pièce de François Archambault mise en scène par Martin Perreault, prendra d’assaut le Théâtre de poche.

Dans cette pièce comique, deux terroristes kidnappent Miss Laval pour dénoncer le règne de la beauté. Les mille et une nuits de Jean-Pierre Ronfard clôturera la saison d’hiver 2011 avec une mise en scène signée Marc Philippe Parent. Ce dernier, reconnaissant que Ronfard a beaucoup apporté en matière de théâtre expérimental au Québec, confirme qu’avec cette version du célèbre conte indien, «on est très loin des mille et une nuits telles qu’on les connaît».

Sur la photo

Extrait de la performance musicale et sonore Different Trains du Montréalais Herman Kolgen. Le spectacle sera accompagné de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), qui en est à sa première collaboration avec le Mois Multi. La performance sera présentée au Grand Théâtre de Québec le 2 mars 2011.