Un bref sommaire des évènements à partir d’images de 2010 tirées des médias rappelle que Rapaille a été payé 300 000 $ afin de trouver le « code » de Québec et d’en moderniser l’image. En 2045, Clotaire est de retour afin de sauver de l’ennui les grandes provinces d’un Québec devenu indépendant. Ses idées, toutes plus farfelues les unes que les autres, impliquent notamment de transformer Drummondville en une poutine géante et de faire voler les voitures dans le ciel de Victoriaville, renommée Victoriavillopolis. Impossible, dites-vous ? Ce n’est qu’une question de perception… Rapaille laisse malheureusement dans l’ombre la ville de Québec, qui riposte par la voix de sa « radio-poubelle ».

Guillaume Tremblay interprète avec brio un Clotaire Rapaille un brin sexy se prenant pour un nouveau messie. Olivier Morin offre aussi une performance remarquable dans son imitation de Gilles Vigneault; à d’autres moments, son regard a un petit quelque chose du maire Labeaume. Leurs acolytes sont tout autant inspirés. La cohésion entre les comédiens est palpable, et une mise en scène sobre leur laisse toute la place. Avec un peu d’imagination, on les suit avec plaisir dans leurs péripéties. Les chansons de Navet Confit font dans la diversité, passant du metal à la parodie du rock québécois. L’ensemble est cohérent dans son délire, même si le spectacle gagnerait à être un peu plus rodé.

Bien qu’hilarant, cet opéra-rock donne toutefois à réfléchir sur nos valeurs, nos actes en tant que collectivité et notre conception du Québec. On n’en ressort pas plus cyniques, mais en se disant qu’il y bien une part de vrai derrière toute cette absurdité…