La dernière chose dont ont peut accuser les musiciens de Latourelle Orkestra, c’est bien d’être nombrilistes. Avec l’album éponyme, lancé vendredi dernier au Cercle, la formation continue de puiser dans les musiques folkloriques de par le monde, en gardant toujours une touche québécoise, une saveur d’ici.

Débordant d’énergie, à l’instar des spectacles du groupe, l’opus se veut avant tout un élément déclencheur de fêtes, comme l’explique Pierre-Olivier Roy. «Avec cet album, on veut être dans le salon du monde à chaque fois. Tu pars le disque et tu as l’impression que ce sont tes voisins qui se tapent un super jam.»Afin d’encapsuler cette vitalité festive, la démarche d’enregistrement s’est faite selon les règles de l’art, mais toujours dans le but de capturer la pureté du moment, les cris lancés au hasard, les imperfections.

Au lieu d’enregistrer un seul instrument à la fois, le musicien isolé, Latourelle Orkestra a adopté l’approche «live off the floor», qui consiste à jouer les pièces ensemble. Les musiciens étaient séparés les uns des autres, mais seulement pour permettre aux ingénieurs de son de bien isoler les pistes. «On avait quatre pièces différentes insonorisées pour enregistrer, mais on se voyait. Éric Pfalzgraf était de l’autre côté avec ses affaires, il nous avait dans les oreilles. C’était vraiment pratique pour nous permettre d’obtenir ce son», indique Jean-Luc Côté par rapport aux procédures d’enregistrement.

Pas facile de qualifier l’effort collectif de sept musiciens aux parcours différents et aux inspirations diverses. Si l’influence de l’Europe de l’Est est palpable, les membres du groupe ne se laissent pas aller dans des élans de classification et de définition. «On ne s’est pas trop posé de questions à savoir d’où venait chacune des influences, qu’est-ce qui est quoi. Si les gens veulent mettre une étiquette là-dessus, libre à eux», explique Jean-Luc Côté. «Ça vient de plein de places. Dans le groupe, il y a autant des gens qui ont fait des voyages que du monde qui a étudié à l’université et rencontré des folklores dans les études. Ça vient par bouts. Avec les nouveaux médias, on a tellement accès à des musiques de partout», poursuit Pierre-Olivier Roy.

Latourelle Orkestra se produira à Québec à plusieurs reprises d’ici la fin de l’année, en commençant par un spectacle au Fou Bar le 30 octobre.