La salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins hébergera Corps & ombres, une série d’œuvres conçues par Andréanne Gobeil. Jusqu’au 1er octobre, vous pourrez jeter un coup d’œil à la vision poétique du corps telle que perçue par la jeune artiste.

Lorsque le Bureau de la vie étudiante (BVE) a effectué un appel de dossiers auprès de la communauté artistique de l’Université intéressée à exposer, Andréanne Gobeil a tenté sa chance. «Je ne m’y attendais pas, j’étais un peu surprise», avoue-t-elle. L’étudiante de 20 ans, qui n’en est qu’à sa deuxième année de baccalauréat en arts visuels, a jugé bon soumettre le fruit de sa première année de productivité. Selon elle, les artistes aussi peu avancés dans leur cheminement d’apprentissage exposent rarement dans cette salle, qui voit toutefois passer plusieurs finissants. Au total, 14 exposants ont été choisis par le BVE parmi environ 25 soumissions de dossiers.

Native de Chicoutimi et issue d’une famille d’ingénieurs, Andréanne Gobeil a toujours eu des affinités avec les arts plastiques, mais c’est au Cégep que son évolution a bel et bien débuté, grâce à sa professeur d’art. «Elle était encourageante envers tout le monde, qui n’était pas nécessairement au même niveau», témoigne Andréanne, qui estime que son évolution s’est effectuée de façon graduelle. Par la suite, dans son programme universitaire, la jeune artiste a découvert une motivation supplémentaire avec l’aide de Paryse Martin, une chargée de cours à l’École d’arts visuels, en partie responsable de l’exposition Corps & ombres. «J’étais bloquée à un autre niveau, mais elle m’a poussée pour que j’aille plus loin. Grâce à elle, j’ai fait la toile principale de mon exposition, puis d’autres petits projets en lien avec ça ont été déclenchés», explique Andréanne.

Corps & ombres est majoritairement composée de dessins et de peintures en noir et blanc, dans une optique plus expressive que réaliste. Le clair-obscur et le flou dominent, dans une représentation poétique et légèrement bancale du corps. Andréanne Gobeil soutient justement que «l’aspect social, critique ou politique l’intéressent plus ou moins.» Celle-ci s’inspire de deux artistes majeurs du mouvement contemporain : la Montréalaise anglophone Betty Goodwin, reconnue pour sa représentation de la condition humaine, et l’Allemand Gerhard Richter, spécialisé dans la peinture abstraite.

Présentement, Andréanne Gobeil se concentre sur le 2D, c’est-à-dire la photo, le dessin et la peinture. Elle pratique également un peu la vidéo et compte même intégrer l’animation à son prochain projet. Chose certaine, elle continuera dans sa lancée, en commençant par maîtriser son art. «Je ne veux pas être confortable en me disant «c’est parfait». Je veux savoir que j’ai encore quelque chose à apprendre, mais que j’ai évolué», pense l’étudiante, qui aimerait éventuellement faire une maîtrise, puis peut-être, selon sa motivation, un doctorat. Parmi ses aspirations priment son épanouissement en tant qu’artiste et le désir d’enseigner à l’université.