Rencontré à la Brûlerie St-Roch par un beau jeudi matin d’octobre, Benoit Pinette, l’homme derrière ce projet solo, semblait heureux d’avoir retenu l’attention de ces galas : « Il y a des gens de l’industrie qui se sont arrêtés pour écouter mon album et qui ont trouvé qu’il  valait la peine d’être en nomination : ça me satisfait déjà beaucoup. » Le jeune chanteur québécois souligne aussi la douce ironie d’être en nomination aux deux galas, opposés au niveau de l’institution : « Je suis juste assez connu pour être l’ADISQ… mais en même temps je reste assez  underground pour être au GAMIQ ! »

Le country de nos jours

Le fleuve en huilese classe dans la catégorie folk/country, un genre musical certes populaire mais non dénué de clichés. Pinette note quand même un beau renouveau dans cette catégorie : « Ce qui est bien cette année à l’ADISQ, c’est qu’il y a beaucoup de jeunes en lice : Chantal Archambault, Isabeau et les chercheurs d’or, etc. Ce sont des artistes qui touchent au country, inscrit dans leurs racines, mais sans faire pour autant du country traditionnel. Ce genre a quand même évolué depuis Renée Martel ! »

Le fleuve en huile… et son successeur

Ce premier album, lancé en mars dernier au Théâtre Petit Champlain, continue de faire son bonhomme de chemin : « Cet album a touché un certain public : je reçois encore des messages de gens qui viennent de me découvrir. Je suis content de son évolution sur scène, notamment les chansons écrites juste avant de rentrer en studio. Les nominations me donneront sans doute une plus grande visibilité. » Tire le coyote ne peut cependant pas s’empêcher de penser déjà à la suite : « Même si l’enregistrement se fera peut-être au printemps prochain, et que je n’ai que neuf chansons écrites, je sais que le prochain album sera encore plus acoustique, dépouillé. Il touchera encore au folk, mais les paroles seront encore plus mises de l’avant. »

La scène

Si Pinette avoue avoir enregistré Le fleuve en huile en quatre jours, c’est qu’il adore l’énergie du live, une sensation qu’il retrouve en spectacle. La montée sur scène n’a pas été facile au début de sa carrière : « Ça m’a pris du temps pour apprivoiser la scène. Même si j’adore la scène et que je veux faire le plus de spectacles possibles, c’est tout un défi d’avoir un public devant soi et d’installer un dialogue entre lui et l’artiste sur scène. Il faut avoir une certaine confiance en ce qu’on fait, et je n’ai pas toujours eu cette confiance-là quand j’étais plus jeune. Avec l’expérience, je suis maintenant capable de me faire une bulle et d’assumer ce que je fais. » Après avoir fait la tournée des grands festivals durant l’été, Tire le coyote s’apprête à vivre une autre belle expérience scénique, celle du Coup de cœur francophone, avec un passage à L’Astral de Montréal le 5 novembre prochain. Une soirée qu’il partagera avec nul autre que Richard Séguin : « C’est quelqu’un qui vieillit bien et qui est resté intègre. De plus, il sait être à l’écoute des jeunes artistes comme moi. Il m’a impressionné quand je l’ai rencontré lors de la conférence de presse. » Ce spectacle, où Tire le coyote sera uniquement accompagné de son guitariste Shampouing, devrait être intime et authentique : à l’image du prochain disque et de l’artiste.

Crédit photo : Arnaud Anciaux