«Non, honnêtement je ne m’attendais pas à ça.» Voilà ce que répond Benoit Pinette, alias le Coyote, quand on lui demande s’il prend la mesure de ce qui lui arrive. Premier album réalisé en quatre jours en collaboration avec Dany Placard, lancement au Théâtre Petit Champlain, tournée en France pour cet été, reconnaissance des pairs; l’année commence bien pour l’artiste. Devant ses accomplissements, le Coyote reste simple, fidèle à une démarche authentique qui, croit-il, lui vaut son succès: «Je commence à me rendre compte que l’authenticité du projet, la sensibilité qui se dégage de mon travail, peut-être, tout ça, ça touche les gens. Je m’en rends compte maintenant». Modestement, l’artiste goûte à la saveur d’un succès imprévisible.

Le premier opus était pourtant un pari risqué. Moins mélancolique que le EP réalisé en collaboration avec le trio Who are you il y a presque deux ans, le Coyote avait tenté une approche encore plus folk, plus country par moments, bien conscient que ce n’était pas forcément la voie la plus simple à suivre: «Je ne sais pas si le prochain album sera à nouveau mélancolique, ou si, lui aussi, sera une trace d’un nouveau tournant. Mes chansons, ce sont les chansons d’un moment», ajoute-t-il. En attendant, la réalisation du Fleuve en huile fut l’occasion pour l’artiste de travailler avec un nouvel acolyte, et leur complicité était visible sur la scène du Petit Champlain. «Je suis vraiment content d’avoir travaillé avec Dany Placard et de savoir que notre collaboration peut continuer après la réalisation de l’album. C’est un artiste dont je suis admiratif du travail, de l’authenticité. Il a une démarche dans laquelle je me reconnais.» Placard a également assuré une première partie sous la forme d’homme-orchestre, durant laquelle sa musique a fait écho au travail amorcé par Pinette.

Le Coyote sait bien s’entourer, il l’a prouvé une fois de plus. Sur la scène, la complicité et le plaisir de l’artiste avec son équipe étaient plus qu’évidents. Une harmonie qui n’a pas cessé de se refléter dans la prestation de Tire le Coyote, accueilli par un public conquis et visiblement touché. «Je suis un peu plus nerveux que d’habitude, mais c’est une très belle promotion pour l’album. Les conditions du Petit Champlain sont vraiment belles pour jouer, mais c’est un peu plus intimidant», avouait Pinette quelques jours avant sa prestation. Sur scène, comme sur l’album, le Coyote laisse pourtant rarement planer le doute quant à sa capacité à se tracer un chemin.

Crédit photo : Claudy Rivard