La troupe de théâtre Les Treize de l’Université Laval nous a présenté Ophélie, j’écris…je crie, écrite et mise en scène par Arielle Cloutier.

Mélanie Desbiens

Ophélie, jeune femme perturbée par la mort de son meilleur ami, consulte un psychologue, obligée par son père avec qui la relation est houleuse. Une pièce puissante, pleine de rage et de désespoir, sur fond de littérature et de rêves brisés. Une première œuvre prometteuse portant sur le mal de vivre et les grandes questions existentielles.

Voilà où le bât blesse. La thématique, universelle, est malheureusement exploitée de façon peu subtile par certains monologues plutôt convenus. Ces cris de révoltes auraient pu être davantage intériorisés afin d’être percutants, plus ressentis. À force de recevoir ces cris de révoltes jetés sans cérémonie, le spectateur a tendance à décrocher, ce qui s’est malheureusement produit si l’on se fie aux craquements de chaises et lumières de cellulaires… Par contre, le jeu des acteurs touche droit au cœur. La sincérité qu’ils dégagent donne littéralement des frissons. On aurait souhaité cette même sincérité dans le texte. Plus de simplicité dans les dialogues également. Comme on dit : Less is more !

La mise en scène demeure l’aspect le plus intéressant de la pièce et fait sourire à l’occasion par son inventivité : le personnage d’Ophélie qui se décline en cinq exemplaires, chacune des actrices représentant un aspect de la jeune femme, des parapluies jaunes sous lesquels on se tient pour se protéger « de ce qui pourrait nous tomber dessus…d’la pluie, d’la marde…», de la poésie québécoise ici et là et les personnages qu’Ophélie met sur pause afin de les replacer dans une position différente au gré de ses souvenirs. Peu de moyens appelle souvent grande créativité. La pièce démontre que l’on a nul besoin de décors grandioses afin de créer un univers crédible.

Ophélie, j’écris… je crie demeure un bel effort de la part d’Arielle Cloutier. Un bel effort qui aurait pu être davantage épuré afin de n’en garder que l’essentiel : la vie dans ce qu’elle a de plus laid et magnifique.

Crédit photo : Claudy Rivard