Le FIFEQ célèbre l'anthropologie visuelle et met de l'avant de nombreux cinéastes étudiants et non-étudiants d'ici et d'ailleurs. L’initiative en est à sa 9e édition et se déroule en même temps, dans plusieurs universités du Québec. Encore cette année, la sélection de films provient de partout à travers le monde. « Nous avons des films d’Afrique, d’Asie, d’Europe, des Amériques et aussi du Québec. Pour les sujets, on va toucher à tout, ça va des pratiques traditionnelles de pêche du peuple Ibo au Mozambique jusqu'au phénomène transgenre en Indonésie! » nous raconte avec enthousiasme Julie Côté, co-coordinatrice du projet et étudiante en anthropologie. Pour elle, le festival est aussi l'occasion de donner une plate-forme aux films ethnographiques, qui en ont généralement trop peu.

Selon Amélie Breton, candidate au doctorat en anthropologie, le champ de l’anthropologie visuelle est vaste : « Ça englobe la photo, le film, le son, les sites Internet, les journaux… Chacun peut le définir à sa façon selon sa manière d’apprendre et d’utiliser le médium du vidéo ». Questionnée sur ce qu’est un film ethnographique, elle répond qu’il « permet d'explorer d'autres cultures, d'autres manières de faire par les sens. Aussi, l’intérêt se trouve beaucoup au niveau de la démarche, du lien avec la personne qui est filmée. Dans un film ethnographique, il y a une démarche plus longue que dans un film documentaire. Le réalisateur s’imprègne de la culture qui est présentée et essaie de la comprendre un peu plus en profondeur. » Julie Côté abonde dans le même sens :  « Il faut être capable de laisser parler les images et de ne pas trop diriger, c’est différent de l’approche journalistique ».

Au département d’anthropologie de l’Université Laval, un certain engouement pour l’anthropologie visuelle s’est construit avec les années depuis la création d’un cours portant sur ce domaine. « La personne qui a lancé le cours est Bernard Arcand, aujourd'hui décédé. Je poursuis son approche en y ajoutant un volet pratique » explique Frédéric Laugrand, professeur titulaire au département d’anthropologie. En effet, dans le cadre du cours, ce dernier nous raconte que les étudiants et lui produisent des courts métrages selon un processus rigoureux :  « Les étudiants et moi choisissons un thème ensemble en début d'année. Les étudiants démarrent ensuite leur réflexion, puis rencontrent des participants avec lesquels ils font un court métrage et le montage. Ils projettent ensuite leur film en classe et nous en faisons une critique collective, si possible en présence des participants aux films. »

Le FIFEQ suscitera débats et réflexions, car plusieurs réalisateurs et professeurs seront invités comme commentateurs et modérateurs. Un bel échange anthropologique est proposé à tous :  « L'anthropologie visuelle ne doit pas être à mes yeux une discipline pour initiés mais au contraire accessible à tous » conclue M. Laugrand.

Quoi ? Festival international du film ethnographique du Québec (FIFEQ)
Où ? Musée de la civilisation
Quand ? Du 27 au 29 janvier
Combien ? 5 $, abonné(e)s du Musée et étudiants : 2 $

Crédit photo : Darith Chhem