Le metteur en scène Olivier Lépine et sa compagnie TectoniK_ nous offrent jusqu’au 2 octobre, au Théâtre Périscope, la pièce Vertiges. Une création multidisciplinaire et surtout, haute en couleur. Selon Marie-Ginette Guay, directrice artistique et codirectrice générale du théâtre, «la pièce donne le ton à la prochaine saison, car elle embrasse tous les sujets et qu’elle donne un air de fête à la sortie théâtrale.»

Olivier Lépine affirme que c’est une pièce mise en scène à la façon d’un spectacle de musique. Il n’y a pas de trame narrative, c’est une succession de numéros où le ton, le rythme et les procédés varient. Les nombreuses disciplines permettront certainement d’aller chercher l’intérêt d’un plus grand nombre de personnes. Il explique que «même si certains moments sont plus sombres, l'objectif ultime de la pièce est que les gens ressortent de la salle soufflés par un élan d'optimisme et avec, peut-être, un désir de changer le monde.»

«La poésie comme arme de destruction massive» est le slogan de la pièce. En effet, celle-ci est un grand rassemblement de jeunes artistes issus de différents domaines artistiques qui, avec la force des mots, veulent changer le monde. Ils veulent crier leur indignation face à la société moderne, démontrer que malgré l’individualisme et le désengagement, il est possible de faire une différence. Ils chantent, ils dansent, ils sont portés par l’espoir de trouver des solutions aux problèmes qui rongent la planète. Lors du spectacle, les spectateurs sont disposés de chaque côté de la scène, ce qui permet une plus grande proximité avec les comédiens. De plus, ces derniers font participer l’assistance à plusieurs reprises tout au long du spectacle. Les comédiens demandent aux gens de venir intégrer certains tableaux ou vont discuter avec eux dans la salle. Le spectateur peut aussi voir des moments plus touchants. «Il arrive fréquemment que les comédiens soient eux-mêmes sur scène, sans personnages.  Ça donne droit à de magnifiques moments d'intimité de les voir ainsi sur scène, très vulnérables, sans carapace», affirme Olivier Lépine.

L’idée de ce spectacle provient des quatre membres de la compagnie TectoniK_ : Alexandrine Warren, Jocelyn Pelletier, Marie-Renée Bourget Harvey et Olivier Lépine. Ce dernier dit qu’«à ce moment-là, on fêtait les 60 ans du Refus Global et on se dirigeait vers les 50 ans du début de la Révolution tranquille. Ça a piqué notre curiosité et nous nous sommes questionnés à savoir quelle forme prendrait aujourd'hui la prise de parole d'une jeune bande d'artistes.» Il explique aussi qu’ils voulaient s’éloigner de la formule de leur spectacle précédent, Symbioses, et se rapprocher d’un théâtre documentaire où le message, la parole et l’acte citoyen dépassent le divertissement. Ce spectacle résulte de longues discussions où tous les artistes du groupe ont abordé différents sujets reliés à la société moderne.