CRÉDIT PHOTO : STÉPHANIE GRENIER

Présentée jusqu’au 21 septembre à la Salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins, l’exposition Les mirages de Camille de l’artiste finissante Stéphanie Grenier réconcilie l’art actuel avec la simplicité du moment poétique.

Patricia Aubé

Culture du choc, sensationnalisme, publicité répétitive; chaque jour, nous sommes bombardés par les images provocantes, ne passant pourtant que quelques secondes devant chacune. Incapables de les laisser nous traverser, nous entretenons bien souvent un rapport superficiel avec celles-ci. Mais avec l’exposition Les mirages de Camille, les visiteurs seront hypnotisés par ces photographies qui bougent légèrement, qui ne sont plus complètement figées sur le papier. Que ce soit par un nuage de mouches qui volent, par des feuilles dansantes ou simplement par une fille qui mange une pomme, le regard du visiteur est d’abord arrêté par la curiosité du mouvement, qui est bien réel. Puis, c’est l’attente de ce moment-choc – qui ne viendra pas – qui permet à celui-ci d’entrer dans un mode de contemplation, ouvrant la porte à une nouvelle relation avec l’image.

En fait, ce que nous présente Stéphanie Grenier, ce sont des œuvres vidéographiques tridimensionnelles, qui sont projetées sur les murs de l’espace d’exposition. À l’aide de deux petites caméras sur trépied, l’artiste superpose les deux images enregistrées afin d’obtenir un effet de profondeur. Loin de n’être qu’un artifice, l’image tridimensionnelle crée un rapport ambigu avec la réalité, ajoutant une autre épaisseur à l’expérience contemplative du spectateur. Les petits mondes qui s’érigent devant nous sont une célébration de la beauté du banal, du silence et peut-être même de la solitude. À la croisée du rêve et du réel, les œuvres de Stéphanie Grenier, qui se révèlent à travers les paysages du bord du fleuve, nous permettent de prendre un moment pour méditer sur notre propre perception du monde et sur le temps qui, lui aussi, semble revêtu d’une autre dimension.