35 000 ans de musique en 90 minutes : voilà le défi que s’était donné l’artiste Nicolas Jobin avec son spectacle Tutti! De Lascaux au disco. Et on peut dire que c’est mission accomplie.

Les rires éclatent dès les premières minutes du spectacle Tutti! De Lascaux au disco, présenté le 1er octobre dernier au Cercle. Nicolas Jobin, qui se veut compositeur, musicien, chanteur et vulgarisateur lors de cette soirée, agit également à titre d’humoriste. C’est par la trame de l’humour « niaiseux » que le touche-à-tout a décidé de narrer l’histoire de la musique.

Seul devant le micro, Nicolas Jobin a commencé le spectacle en relatant des mythes hindous sur Shiva et Ganesh. Il a poursuivit avec une démonstration de chants médiévaux et a expliqué comment un moine qui n’avait pas l’oreille musicale aurait contribué à l’évolution de la musique. « Mine de rien, on venait de créer l’harmonie! », s’est exclamé Jobin sous les rires du public.

Sont ensuite venues les explications au sujet des origines de chacune des familles d’instrument. Devant les yeux épatés des spectateurs, l’artiste a illustré comment l’arc est devenu un réel instrument à corde, la lyre un violon, le fémur de pigeon une flûte de Pan ou encore le coquillage le premier instrument à cuivre. Au total, une trentaine d’instruments étaient présents sur la petite scène du Cercle.

Au fur et à mesure, Nicolas Jobin invite ses collaborateurs Olivier Bussières (percussions), Hélène Desjardins (claviers) et Johannes Gröne (instruments à vent) à monter sur scène. Ensemble, ils interprétent l’Épitaphe de Seikilos, la plus vieille partition annotée et expliquée à ce jour, et poursuivent avec quelques extraits d’opéra.

Jobin et ses musiciens continuent le spectacle avec un bref historique des courants musicaux. En passant par Bach, Mozart et Beethoveen, Nicolas Jobin remémore l’époque romantique avant de se lancer dans la modernité. Des airs de blues et de jazz se sont alors fait entendre.

Le spectacle Tutti! De Lascaux au disco s’est terminé par un medley de chansons populaires (Adèle, Katy Perry, Lady Gaga, etc.) pour relever leur caractère minimaliste, tel que l’a propagé le révolutionnaire musicien et compositeur Philip Glass.

Sans grande surprise, c’est une ovation qui applaudit l’intelligence du spectacle et le talent des musiciens.

Après l’histoire de la musique, les origines d’un spectacle

« Le processus créatif [du spectacle] s’est imposé de lui-même », a raconté Nicolas Jobin lors de l’entrevue. Après deux années à faire des chroniques de 30 minutes sur l’histoire de la musique à la Première chaîne de Radio-Canada, le compositeur souhaitait « donner vie » au matériel qu’il avait accumulé.

Il s’est donc entouré d’autres musiciens avec qui il avait déjà travaillé. Avant leur première représentation en mai, les collaborateurs « ne savai[en]t pas trop où [ils| s’en allaient », a expliqué la pianiste Hélène Desjardins. « On ne savait pas du tout!», renchérit le saxophoniste Johannes Gröne. Les musiciens pratiquant leur partie individuellement, ce n’est qu’une fois sur scène qu’ils comprirent l’ensemble de l’œuvre de leur ami Jobin, preuve d’une « confiance aveugle ». « On a trouvé ça bien bon comme show! », a ajouté la musicienne. Olivier Bussières, percussionniste, compléte : « On a décidé de continuer! ».