Le Salon international du livre de Québec (SILQ) a derrière lui une longue histoire. En plus de cinquante années d’existence – la première édition s’est tenue en 1959 -, l’événement a peu à peu évolué jusqu’à devenir un rendez-vous culturel et littéraire incontournable. Portrait de ce qui est maintenant une véritable institution.

Nathan Murray

« Lire sans frontières ». Voilà le thème, la ligne directrice, l’idée derrière tous les projets formulés et réalisés par ceux qui se cachent derrière le Salon du livre. Depuis 1998, une équipe presque inchangée, regroupée autour du président-directeur général Philippe Sauvageau et du président du conseil d’administration John Keyes, s’efforce d’atteindre ce noble objectif : transcender les frontières, qu’elles soient liées à l’âge, la géographie ou même la langue, afin d’offrir une fenêtre grande ouverte sur la littérature.

Non contents de mettre de l’avant cette philosophie, les gens du SILQ se sont donnés les moyens de la rendre la plus vraie, la plus effective possible. Selon Philippe Sauvageau, deux grands domaines, directement liés à la thématique, font la force du Salon et expliquent son dynamisme : la grande place réservée aux jeunes, et la volonté de donner un caractère international à cette grande fête du livre. Deux éléments qui, depuis plusieurs années maintenant, marquent la programmation et contribuent à l’éclat du salon.

Philippe Sauvageau ne s’en cache pas, et s’en montre très fier : le volet jeunesse du SILQ est une véritable réussite. Depuis la naissance du « lire sans frontières », la fréquentation du Salon par des groupes scolaires a plus que doublé, le nombre de jeunes visiteurs et écoliers étant passé de 7000 en 1999 à près de 15 5000 l’année dernière, soit environ 30% de la fréquentation totale. Un accomplissement de taille – à un tel point que, pour assurer un accès au plus d’écoles possibles, le salon doit maintenant limiter le nombre de jeunes par établissement. Plusieurs facteurs expliquent ce succès, les jeunes ayant accès à une foule d’activités liées au monde du livre : animation, concours de dessin, ateliers, rencontres avec les « héros »… L’offre, complète et équilibrée, a de quoi ravir les lecteurs, débutants comme avertis.

Le caractère international du SILQ est, quant à lui, aujourd’hui fermement établi. Chaque année, des auteurs en provenance d’un pays ou d’une région du monde sont mis à l’honneur, permettant aux visiteurs du salon d’approcher d’autres cultures, d’autres mondes littéraires – une expérience toujours très appréciée. Monsieur Sauvageau, d’ailleurs, le souligne : les auteurs étrangers qui se présentent au Salon sont bien souvent des écrivains primés, reconnus pour la grande qualité de leur œuvre – et sachant s’exprimer et échanger en français avec les lecteurs avides de découvertes. C’est à l’Espace de la diversité que les gens de Québec peuvent rencontrer non seulement les écrivains de la principale nation invitée, mais aussi de divers horizons.

Le succès de la formule « Lire sans frontières » ne fait aucun doute. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis la fin des années 1990, le nombre d’entrées est passé de 33 000 à 65 000 ; alors qu’en 1999 on comptait 470 auteurs et 600 maisons d’édition, on attend cette année près de 950 écrivains et 800 éditeurs. De plus en plus de visiteurs voyagent donc dans le merveilleux monde du livre grâce au Salon international du livre de Québec – un salon qui a su conserver une échelle humaine. Pour Philippe Sauvageau, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme du rendez-vous littéraire de la capitale : « La convivialité. C’est ce qui revient souvent dans les commentaires, tant des visiteurs que des invités : le salon est profondément convivial. Et c’est très apprécié ! ».