Publié chez Mémoire d’encrier en 2019, Lettres en forêt urbaine de Bertrand Laverdure est un recueil de cinquante poèmes en prose adressés à des arbres qui peuplent la ville de Montréal. Un livre qui devrait se lire en parcourant la ville pour s’arrêter devant chacun de ces arbres.

« Lettre au caryer cordiforme centenaire du Mont Royal »

Le poète leur donne des noms « d’artistes, d’acteurs » dans les lettres qu’il leur adresse : « Skeletor », « Ultraman », « Morgan Freeman », « Jane Mansfield »… Il les personnalise, invitant le.a lecteur.rice à reconnaître l’existence des arbres en milieu urbain, à entrer en relation avec eux : « Écrire aux arbres, c’est écrire au temps, à la durée concrète, c’est échanger aussi avec le plus vieux réseau de communication au monde. », explique-t-il dans son prologue.

« Sur les terreaux percés, les bancs gratuits complètement passés date, à l’angle de sentiers sales, tu te courbes. »

Lettres en forêt urbaine est un très bel objet littéraire illustré par Catherine Filteau. La poésie de Bertrand Laverdure est intellectuelle sans être hermétique. Le langage soutenu et le ton parfois spectaculaire rappellent ses performances : Bertrand Laverdure est poète de l’éloquence. Ses lettres sont un lieu où politique, écologie et humanité peuvent se croiser et discuter.

« Là, où les contes te déportent existe un pays où ta parole est une arme passive. »

Bertrand Laverdure a été Poète de la cité de 2015 à 2017. Dans le cadre de sa résidence à la Maison du Conseil des arts de Montréal, il a exploré la flore de la métropole avec divers projets. Lettres en forêt urbaine : Le projet Xanadu en est un produit.

Bertrand Laverdure a publié une vingtaine de recueils de poésie, de romans et d’essai chez Mémoire d’encrier, La Peuplade et Le Quartanier, notamment. En tant que Poète de la cité, il a dirigé Un herbier de Montréal : des poètes et des bédéistes, un projet de médiation culturelle jumelant textes scientifiques, poésie, illustrations et bandes dessinées. Ont participé à ce projet, entre autres, Érika Soucy, Kim Doré, Michaël Trahan et Natasha Kanapé Fontaine.

Crédit photo : Jessica Dufour