Courtoisie - K-Films AmeriqueLe premier film subventionné de Martin Laroche est pour le moins audacieux. Parc d’attractions ambulant, sexualité et tabou social, réunis sous la forme d’un faux documentaire. Il fallait le faire.

Les Manèges Humains nous montre l’histoire de Sophie, une étudiante en cinéma d’origine africaine qui travaille dans un parc d’attractions ambulant pendant l’été. Son patron lui a demandé de faire un documentaire promotionnel. Le film prend la forme de ce documentaire, qui ne traite cependant pas toujours des activités professionnelles des personnages. En effet, Sophie traîne sa caméra partout et en tout temps, pour habituer ses collègues, qu’elle dit. Bien vite, elle interroge ses proches sur leur vie personnelle et sexuelle, laissant la caméra tourner même dans les moments les plus intimes. Elle se rend compte que ce n’est pas un film sur les manèges, qu’elle tourne. C’est un film, ultimement, sur elle et le secret qu’elle porte depuis l’enfance.

La caméra devient les yeux de Sophie, ce qu’elle voit, ce qu’elle veut qu’on voie, ce qu’elle nous force à voir. La caméra comme une partie d’elle, inséparable, nécessaire, avec laquelle est entretient une relation d’amour-haine. La caméra lui donne la force de continuer. Parce qu’« il faut que ça sorte ».

Le public entre en voyeur dans le quotidien un peu inusité de la compagnie ambulante, un quotidien filtré par le regard que Sophie porte sur lui. Ainsi, des nombreuses personnes travaillant au parc, on verra surtout Normand, Frédéric, Guillaume et Geneviève, les amis les plus proches de Sophie. Le naturel et la crudité obligés du style documentaire sont assez réussis, malgré quelques courts passages moins convaincants. Assez réussis pour que certains spectateurs pensent que les événements ont réellement eu lieu et prennent l’actrice Marie-Évelyne Lessard en pitié.

Ça vous intrigue? Tant mieux. C’est un film novateur qu’il faut voir. Pour encourager le courage. Pour l’évolution des choses.