Après un premier album éponyme remarqué et réussi, Marie-Pierre Arthur revient sur le devant de la scène, elle qui a si souvent accompagné d’autres artistes, avec Aux alentours, un second effort tout aussi bon et de qualité.

Cyril Schreiber

Trois ans, c’est le temps qu’il aura fallu à la chanteuse-bassiste pour pondre ce deuxième disque. Plus personnel que le premier, Aux alentours est dédié à son jeune fils Léopold, un heureux événement survenu dans la vie du couple qu’elle forme avec François Lafontaine de Karkwa. C’est d’ailleurs la principale thématique des dix textes majoritairement co-écrits avec la chanteuse Gaële. Après cette pause maternité, la Gaspésienne avait besoin de chanter et jouer à nouveau. À ce titre, les paroles, matures, sont simples mais « lourdes » de sens, choisies et surtout, elles ne sont pas chantées pour rien. Cette prise d’indépendance vis-à-vis sa vie de couple et de famille se fait en nuances, ce qui prouve que Marie-Pierre Arthur est désormais une chanteuse, et non plus seulement la musicienne d’Ariane Moffatt ou de Stéfie Shock.

Côté musique, la réalisation de Lafontaine, qui signe la majorité des mélodies, réussit à garder une unité au fil des chansons, même si quelques escapades du côté du gospel (All right) ou du ragtime (Emmène-moi) ne sont pas à déplorer, loin de là. La voix et les guitares sont souvent aériennes, planantes. Du bonbon pour les oreilles.

On note aussi un bel équilibre entre des titres plus rythmés, comme le single Fil de soie ou Si tu savais, et des ballades touchantes, plus présentes en deuxième moitié. Parmi celles-ci, soulignons l’émouvante Chanson pour Dan, hommage à un ami disparu, un petit bijou. L’ensemble est cohérent, jouissif, et tournera sans doute beaucoup dans les lecteurs CD et les iPod durant les prochains mois. Ceux qui ont aimé le premier album seront ravis de retrouver la chanteuse en grande forme. Espérons que de nouveaux adeptes se joignent au groupe en cours de route avec ce nouvel opus.

Une question reste tout de même en suspens : Marie-Pierre Arthur réussit-elle à se détacher un tant soit peu du son Karkwa ? Elle commence, quoiqu’il en soit, à se former une identité sonore propre. Et si certaines similitudes sont inévitables, il y a pire comme comparaison.

4/5