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Le cours d’eau : lieu commun, quoique indispensable à la vie, si près de chacun, mais, pour l’artiste Marc-Antoine Cloutier, trop souvent oublié. C’est de cette idée qu’évolue sa recherche visuelle depuis la dernière année. En maintenant le regard toujours attentif, l’artiste déambule dans divers environnements, familiers ou non, et se laisse inspirer. 

L’artiste nous a donc accueilli, jeudi dernier, dans cet espace finement exploité qu’il a fait de la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. Sculptures et dessins se côtoient dans une harmonie totale, dans une disposition qui se dévoile comme étant libre, épurée. 

Comme Cloutier le fait en nature, le spectateur est invité à déambuler à travers les différentes pièces de sa toute première exposition solo. 

Une habile dichotomie

L’exploration sculpturale de Cloutier agit et se démarque par l’harmonieuse combinaison d’éléments habituellement peu compatibles. Faisant usage d’objets et de matériaux trouvés en contextes naturels et dans lesquels il a su dénicher un potentiel certain, l’artiste exploite leurs qualités formelles pour les amalgamer à des matériaux industriels. 

Par exemple, dans sa série des Fragments de Banquise, qu’il développe depuis 2016, l’artiste cultive une habile dichotomie entre le côté brut des fragments de gypse qui s’élèvent du sol par accumulation et la délicatesse d’une fine écorce posée au-dessus. Disposés au sol, ces habiles amoncellements sont construits avec une dextérité impressionnante et sont véhicules de la préoccupation de l’artiste par rapport à la composition et à la balance au sein de ses œuvres. 

Cet intérêt du formellement concordant se traduit à travers l’entièreté de la production présentée, mais est d’autant plus tangible dans sa pièce Reliques et Turquoises, qu’il a travaillée de 2015 à 2017. Cinq colonnes verticales d’identique hauteur et de matériaux différents, surplombées de petits objets, qu’on reconnaît comme étant les reliques. 

La relique s’avère en fait être le point central de cette œuvre – chaque colonne ouvragée de façon à répondre formellement, à mettre en valeur ces objets que Cloutier dit avoir trouvés dans ou près d’un cours d’eau dans les dernières années. 

La thématique du cours d’eau prend littéralement forme dans son travail le plus récent, Rivières Gaspésiennes I, III, IV et VI, pièces présentées en groupe. Ici sont présentées morceaux de bois précisément creusés à la gouge, dans lesquels une résine époxy bleue a été coulée, référence adroite à la rivière. 

De pair avec le septième titre de la même série, présenté à l’écart, l’artiste y aborde la rivière dans une perspective de mise en valeur, d’éloge à sa beauté, dans une présentation toute simple qui encourage la contemplation. 

Le dessin comme pratique nomade 

Sur la presque entièreté d’un mur sont proposées cinq séries de cinq minuscules dessins datant de 2016 qui traitent du phénomène de marée. Effacement de la marée à Sainte-Anne-des-Monts, son apparition à Chandler : ces minutieux dessins témoignent des excursions nomades de l’artiste à travers le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, et permettent de capturer l’inspiration dès qu’elle le saisit, sur place. 

Une autre série, cette fois composée de trois dessins d’observation de parcelles de paysages miniatures vus dans la roche, côtoie la première sur un mur adjacent. 

Tous traités dans une finesse reconnaissable au sein de son travail sculptural et témoignant parfaitement du savoir-faire multidisciplinaire de l’artiste, le dessin amène le spectateur à s’approcher, à vivre le moment capturé, simplement. 

Cloutier, finissant au baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval, se nourrit donc de l’imprévisible que fournit son environnement à son regard attentif, le portant à faire usage de tout ce qui lui tombe sous la main pour créer ; un moment de contemplation, d’admiration, de questionnement. 

Méditer le cours d’eau se poursuit jusqu’au 22 décembre prochain, à la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. 


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