Le spectacle présentait les morceaux de deux chorégraphes qui se dirigent droit vers une renommée internationale: Annabelle Lopez Ochoa et Mauro Bigonzetti. «Ce sont des chorégraphes de la nouvelle génération qui sont en voie de devenir de grands noms en danse», a expliqué Louis Robitaille lors de la causerie qui précédait le spectacle.

Madame Lopez Ochoa ouvrait le spectacle avec ses deux chorégraphies: Locked Up Laura, un duo qui évoque poétiquement une danseuse au corps rompu atteignant la fin de carrière et Zip Zap Zoom, œuvre dynamique qui explore le monde des jeux vidéos. L’univers d’Ochoa est «très coloré, actuel, ado, frais», a qualifié M. Robitaille. La chorégraphe belgo-colombienne utilisait de la musique électronique et des voix off qui interagissent avec les danseurs, ce qui donnait une facture très contemporaine à son travail.

M. Robitaille décrit la rencontre des BJM et de Bigonzetti comme étant un «véritable coup de foudre inter-compagnie». Sa poésie, son raffinement, sa richesse et son ton loufoque ont complètement séduit la troupe montréalaise. Le chorégraphe italien sert le plat de résistance de ce spectacle sur la musique de Gioacchino Rossini, grand réformateur de l’opéra du 19e siècle. L’homme d’opéra avait la réputation d’être un gastronome raffiné, ce qui a de toute évidence inspiré M. Bigonzetti dans sa mise en scène. On pouvait en dire autant du public de lundi dernier. Rossini Cards, tantôt satirique, tantôt sensuel, nappé de la musique de Rossini, invitait le public à un buffet onirique saisissant.

Louis Robitaille, qui a dansé professionnellement pendant 30 ans (dont 10 avec les Grands Ballets Canadiens) avant de se consacrer entièrement à la direction artistique, dit vouloir aider les BJM à évoluer sans renier la tradition. La compagnie fêtera son 40e anniversaire prochainement.