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La Galerie des arts visuels de l’Université Laval ouvrait toutes grandes ses portes, jeudi en soirée, à l’occasion du vernissage de Mormorii, une intime installation sonore dévoilant les deux années de travail de l’artiste d’origine écossaise – désormais établie à Montréal – Fiona Annis. Entamé en 2016 dans le cadre d’un programme d’échange entre les centres d’artistes La Chambre Blanche et Rad’art, situé dans le village italien de San Romano, Mormorii se révèle comme un travail abouti, teinté d’onirisme et véhicule de nostalgie.

Devant nous se dresse une scène gracieuse, délicate : dans un habile entremêlement de fils sont suspendues des ampoules qui, à un rythme irrégulier, s’embrasent d’un chaud faisceau jaunâtre, puis s’apaisent. Cette matérialité est invitante, encourage le spectateur à se frayer un chemin dans l’œuvre, à entrer en tête-à-tête avec ces sources de lumière réconfortantes.

D’intrigantes plaques se glissent fluidement au travers de cet amalgame lumineux, et ce n’est qu’en s’y approchant et en tendant l’oreille que nous sommes doucement frappés de ces voix, de ces mélodies qui sont en fait le point central de l’œuvre.

Toujours dans ce jeu d’alternance, ces différentes plaques d’aluminium équipées de hauts-parleurs se lancent de douces berceuses fantomatiques – une collection de huit comptines de différentes langues recueillies au cours des deux années de recherche de l’artiste. Certaines sonnent plus familières que d’autres, malgré la barrière de langue, et nous ramènent inévitablement à l’enfance. Elles fissurent le silence et nous enveloppent de cette douce couverture de nostalgie à laquelle tous peuvent se rattacher. 

Fragiles, aériennes, les ampoules placées en suspens occupent donc l’espace de façon physique, alors que l’aspect sonore de l’installation crée une dimension spirituelle touchante. À l’occasion du vernissage, il était pertinent de voir cet espace peuplé de curieux qui, d’une certaine manière, l’habitaient de façon tout à fait complémentaire. Or, comme dans tout bon vernissage d’œuvre sonore, l’aspect majeur de l’œuvre était évidemment enterré par les voix des spectateurs – quoique fidèles témoins du succès de la soirée. 

C’est alors qu’un prompt intervenant a fait appel à la minute de silence. Tous se sont tus. Court mutisme non perturbé, soudain interrompu par la voix étrangement familière d’une femme qui récite une berceuse, la lance d’un endroit à un autre de la pièce. Sorte d’apaisante hantise, de douce quiétude. 

Des guides éthérés 

Au bout d’environ une heure, c’est la voix de Fiona Annis qui se manifeste. D’une compatibilité absolue à son œuvre délicate, sensible, elle aborde son travail. 

Cette collection personnelle de huit différentes berceuses – choisies parmi un recueil plus exhaustif – a fleuri d’une curiosité par rapport à l’universalité de ces traditions orales : patrimoine immatériel, chaque mélodie raconte un récit, fait référence à des états, des expressions. Elle voit ces chansons comme des incantations, des rythmes tout à fait hypnotiques qui permettent de transporter le conscient dans un état de rêve, de l’amener dans le passé. La mélodie devient donc guide vers la magie. 

Si la dimension sonore mène vers l’onirisme, l’aspect matériel ne vient qu’appuyer l’idée. L’artiste mentionne que l’utilisation des ampoules fait référence aux lucioles, ces « créatures de la nuit », et que les pulsations de ces dernières font directement référence aux battements du cœur. Ensemble, ces deux dimensions deviennent un passage direct d’un état à un autre, du conscient au rêve, du présent au passé. 

L’artiste a ensuite pris un moment pour remercier les équipes qui l’ont supportée pendant toute l’évolution de Mormorii : la Chambre Blanche, premièrement, qui lui a permis de participer au programme d’échange qui l’a menée à San Romano, petit village italien, où elle a pu travailler en collaboration avec le centre d’artistes Rad’art à l’élaboration du projet. 

Elle a de plus montré sa reconnaissance au centre Avatar, – experts de l’art sonore – où elle a passé le mois d’octobre dernier en résidence pour poursuivre le développement de son travail jusqu’au moment du montage de l’exposition à la Galerie des arts visuels, accompagnée de la précieuse équipe de la Galerie. 

L’exposition Mormorii est présentée jusqu’au 17 décembre à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval. 


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