Emeraude EPOn se sent bien dans l’univers douillet indie-pop d’Émeraude. Les guitares apportent un côté funky et langoureux, la batterie donne un bon beat, les synthés font un peu penser à Beat Sexü. Cette similitude n’est pas anodine puisque l’album a été enregistré et mixé par Jean-Étienne Collin-Marcoux, l’un des fondateurs du Pantoum et chanteur/drummeur de la formation. On est bien loin de la fille sur la plage avec sa guitare que l’on a pu voir en 2013, dans le vidéoclip de la pièce Malgré tout.

L’EP constitue une bonne harmonie globale, à la fois joyeux et attachant. Il y manque toutefois une pièce forte, l’ensemble étant un peu trop lisse. La voix de l’auteure, Marie-Renée Grondin, possède un jolie timbre et nous rappelle un peu celle de Jordane Labrie de Tous Azimuts sur Radar.

Avec Éteins-nous, les guitares viennent nous chatouiller et font l’agace, la musique prend davantage le dessus et cela fonctionne bien. Phare, le premier titre, est accrocheur par ses rythmes entraînants, mais le texte manque d’originalité dans la métaphore maritime.

La formation originaire de Québec a su s’entourer de bons collaborateurs pour leur marketing. Maryon Desjardins (Ecoutedonc.ca, Festival de cinéma de la ville de Québec et le Pantoum) a signé leurs photos à la Maison de la littérature. Le graphisme de l’album est également soigné et percutant, avec ses gemmes colorés et asymétriques (Jessica Fecteau – France).

En résumé, la forme est belle, mais le fond reste superficiel et pourrait être retravaillé.

2,5/5

Emeraude

Indépendant

Disponible depuis le 11 février