Une image peut coller longtemps à la peau. S’en défaire est complexe et ardu et la musique n’y échappe pas. C’est que l’image complète ce qui ne peut être totalement exprimé par le son. C’est ce que My Chemical Romance a toujours privilégié: le côté théâtral, saupoudré d’une touche d’introspection et de mal de vivre, garni de son lot de concepts et de métaphores en tous genres.

Toutefois, la sortie récente de Danger Days: The True Lives Of The Fabulous Killjoys témoigne d’un changement radical. La formation américaine délaisse le côté obscur de la force et s’ouvre à la pop endiablée par le biais d’un concept plus «bande dessinée», plus éclaté. Nous sommes en 2019 à Battery City, dans une Amérique dévastée par une catastrophe environnementale. Les Killjoys combattent le BL/ind, organisation régissant ce qu’il reste de la vie. Dr. Death Defying anime une émission de radio itinérante qu’il nous introduit dans l’ouverture de «Look Alive Sunshine», promesse de tout un voyage auditif.

Le tout est plus léger que ce que nous avait offert Gerard Way et sa bande sur The Black Parade. Musicalement moins chargés, les morceaux invitent davantage à la danse qu’à la réflexion prolongée. Le premier extrait, «Na Na Na», et la surprenante «Planetary (GO!)» en sont des exemples parfaits. Contagieuses à souhait! Le rock plus mordant de «Party Poison» et de «Destroya» se savoure jusqu’à la fin de la toute dernière distorsion, deux bons remontants de fin de session. «Summertime», «S/C/A/R/E/C/R/O/W» et «The Kids from Yesterday»  explorent un côté plus atmosphérique jusqu’ici peu exploité par la formation.

Si ces tubes ne constituent pas entièrement des maillons faibles, ils sont textuellement plus clichés. Le genre de chansons qui s’apprécient à l’usure. Néanmoins, on apprécie le côté un tant soit peu plus universel de Danger Days. L’abandon de la mort en tant qu’alliée sied plutôt bien aux quatre comparses, qui ont réussi leur passage à l’âge adulte avec brio. Ils nous offrent un effort brillant, lumineux et pratiquement parfait, bien loin de ce dont on les croyait capables après tant de noirceur. À glisser sous le sapin!

 3.5/5