Trois ans après Traces, mais quatre mois seulement après la fin de tournée, Dumas sort L’heure et l’endroit, un nouvel album plus pop et lumineux. Entrevue avec un chanteur en vogue qui ne s’arrête jamais.

Cyril Schreiber

Il y aurait eu le risque de le trouver omniprésent, voire encombrant. Pourtant, après avoir écouté son nouveau cru, on se réjouit de retrouver Dumas aussi vite. Petite genèse de ces nouvelles chansons : « J’avais accumulé des maquettes durant la tournée précédente, mais lorsque je suis rentré en studio plus sérieusement en octobre dernier, je n’en ai gardé qu’une seule sur cette vingtaine. J’ai réécrit en fonction de ces nouveaux paramètres fixés : un album plus lumineux et plus court. » Qui dégage un sentiment d’urgence, pourrait-on ajouter.

Effectivement, L’heure et l’endroit s’écoute rapidement et en boucle, donnant envie de le rejoindre dans cet ailleurs proposé au fil des neuf chansons, dont celle qui donne son nom à l’album : « Lorsque j’ai écrit ce texte, j’ai trouvé qu’il représentait bien l’album au niveau des thématiques. Par ailleurs, le premier morceau, Un aller simple, propose un rendez-vous vers une autre vie. Ça y participe tout autant. Il y aussi des thématiques plus sombres, comme le deuil ou la mort, mais toujours dans cette optique d’aller de l’avant, vers l’idée du rendez-vous, malgré les difficultés. »

Avec ce nouvel album, le premier qui mélange le calme du studio à l’énergie de la scène – une dualité visible dans la présence de ses musiciens de studio (Carl Bastien, Louis Legault) et de scène (Jocelyn Tellier, Alexandre Dumas, Marc-André Larocque) –, arrive aussi, sinon une évolution, à tout le moins une épuration des textes : « Je me concentre plus précisément sur ce que je veux dire. Je voulais vraiment que le message soit clair, je ne voulais pas tomber dans cette espèce de poésie plus atmosphérique que j’ai pu faire quand j’étais plus jeune. Je pense que ce besoin d’être plus direct vient aussi avec l’âge » déclare le chanteur de Victoriaville.

Côté musique, L’heure et l’endroit est volontairement plus pop et rythmé, gorgé de chœurs masculins et de pianos « comme chez Bowie ou dans le Motown, que j’écoute beaucoup »,  ce qui n’en est pas moins ardu pour son créateur : « C’est plus difficile d’écrire des chansons accrocheuses que d’être dans un flou atmosphérique comme je le faisais auparavant. Lorsque j’ai réfléchi au disque, je voulais que ce côté-là soit vraiment assumé. Tout ça était clair dans ma tête dès le départ. » Faudrait-il lui énumérer la liste de ses chansons accrocheuses au succès radiophonique ? On note, quoiqu’il en soit, l’agréable présence de la choriste Marie-Christine Depestre sur quelques titres : « Je voulais depuis longtemps une chanteuse soul sur un de mes albums. Je voulais intégrer cette influence-là, vu que j’en écoute beaucoup. Elle est venue en studio, et la rencontre a été magique, sa voix a bien marché avec la mienne. Ça a été une super belle rencontre ! »

La rencontre avec le public, elle, devrait à nouveau se produire, tant chez les disquaires que sur scène, lieu où le spectateur ne devrait pas être trop déstabilisé : « C’est mon album le plus facile à adapter sur scène. En le faisant, j’ai pensé à cet aspect-là, car je savais que la tournée allait s’enchaîner rapidement après la sortie, et j’avais envie d’inscrire les spectacles de ce prolongement-là. » C’est un rendez-vous printanier à ne manquer sous aucun prétexte.

Quoi ? L’heure et l’endroit

Qui ? Dumas

Où ? Théâtre Petit Champlain

Quand ? Vendredi 27 avril

Crédit photo : Stéphanie Falardeau-Caron