Ce n’est pas la littérature, mais bien l’art littéraire – cette forme organique, vivante, de la littérature –  qui est mis en scène dans le parcours littéraire Mémoires du festival Relève en capitale. Sept stations sont ainsi installées un peu partout à l’intérieur du Morrin Center, un lieu  mythique à (re)découvrir pour l’occasion. À chacune d’entre elles, un texte de la plus récente cuvée du programme de mentorat en arts littéraires de Première Ovation est proposé au visiteur, dans une ambiance intime, feutrée. Bien sûr, la qualité n’est pas toujours là : la poésie reste, malgré tout, abstraite, parfois de qualité discutable, et atteint mal le lecteur ici spectateur. Mais l’originalité, elle, pourrait faire office de fil rouge : prenant ici place dans l’imposante bibliothèque, là dans la section « Prison » du Morrin Center, les stations mélangent littérature, théâtre, vidéo, danse, et même expérience sensorielle, souvent avec bonheur. Malgré quelques petites faiblesses inévitables, Mémoires reste une expérience qui clouera le bec aux mauvaises langues qui disent que la littérature, ou l’art littéraire, en est un figé et mort.