L’équipe Impro Riviera, dont les six membres proviennent de la Suisse, participait pour une troisième année à l’Open de la LUI. Malgré l’absence de leurs bagages durant les trois premiers jours, les Européens assurent avoir beaucoup aimé leur expérience dans la province.

Pour la moitié des membres de l’équipe, dont Loïc Chevalley, il s’agissait d’une première participation à l’Open de la LUI.  « C’est super, c’est vraiment très bien. C’est froid, mais à part ça c’est cool, ça fait plaisir de jouer ici. C’est vachement différent et, en même temps, c’est la même chose, donc c’est cool de voir ça et de rencontrer des gens autour de l’impro à l’autre bout du monde », raconte le jeune homme. Il estime avoir été très bien accueilli par tous les Québécois rencontrés et se dit heureux d’avoir l’occasion de jouer dans le cadre de plusieurs matchs, en plus de l’Open.

L’équipe séjourne en effet dans la province pour une durée de douze jours alors qu’elle fait une petite tournée à Québec et à Montréal leur permettant de rejouer avec différentes personnes rencontrées en cours de tournoi.  « Ce qui est assez cool, c’est qu’on voit qu’on crée des liens d’année en année. La première année, personne nous connaissait donc on a eu qu’un match en dehors de l’Open », raconte Odile Cantero.

Elle souligne par ailleurs la grande générosité de la communauté d’improvisateurs. « À l’arrivée, on nous a dit que nos valises étaient restées en Suisse. Mais je trouve ça beau comment la communauté des improvisateurs est magique. Je trouve ça beau qu’on soit sans valises et qu’il y aille dix personnes qui se mobilisent pour nous prêter des vêtements. » Peut-être en doivent-ils aussi un peu à leur charme, alors que l’équipe a été élue la plus sympathique du tournoi.

De la Suisse au Québec

Si Impro Riviera s’est retrouvée pour la première fois au Québec en 2014, c’est en raison d’une invitation de joueurs de la LUI venus faire de l’impro en Suisse. Impro Riviera s’était alors formée à la hâte pour jouer contre eux. Puis, Nicolas Drolet, alors membre de la LUI, les avait invités à participer à l’Open. Les six improvisateurs ne faisaient donc à la base pas partie de la même équipe.

Depuis leur arrivée mercredi, ils ont fait de la luge sur la terrasse Dufferin et se sont risqués à visiter les étages du château Frontenac, avant de se faire mettre à la porte, ont mangé au St-Hubert et ont été bien sûr se racheter quelques vêtements. Loïc n’a toutefois toujours pas goûté à sa première poutine, ce que les comparses promettent de faire durant les prochains jours.

L’équipe prend aussi part aux différentes soirées qui s’organisent entre improvisateurs. « C’est cool de découvrir ce que les gens qui habitent dans les villes ont envie de montrer de leur ville », estime Loïc, alors que son collègue Paul Berrocal précise en riant : « c’est surtout les bars en fait ».

Une des membres de l’équipe, Aurélie Blasutto est quant à elle en échange dans son programme de soins infirmiers au Québec depuis août. Odile raconte que cette dernière a trouvé sa colocataire, membre de la LUI, grâce à l’Open.

Deux styles d’impro

Paul explique que le fonctionnement des matchs en Suisse et au Québec est « sensiblement la même chose », mais « un peu plus efficace ici » par rapport à la Suisse où le style de jeu est plus lent. « Ici, il y a une grande qualité d’écoute et d’acceptation spontanée et ça va très vite dans une situation où, après, on peut déconner, faire des blagues. Et nous on a peut-être un jeu un peu plus en construction, donc c’est moins rapide, mais un peu plus fleuri aussi », estime Paul.

L’équipe considère de plus que le comique de situation est maîtrisé à l’excellence au Québec alors que, de leur côté, ils misent davantage sur l’histoire. Les matchs sont en effet moins nombreux, faisant surtout place à des spectacles improvisés de long format qui permettent un style de jeu plus lent. « Souvent, quand on arrive à l’Open, on se rend compte au premier match qu’on doit vraiment accélérer. On doit rendre honneur au jeu d’ici tout en n’oubliant pas ce qu’on sait faire », estime Odile.

L’improvisation gagne de plus en plus en popularité depuis quelques années en Suisse. Des associations se créent, des cours se montent, et ce, tant pour les jeunes que les adultes. « C’est en train de s’individualiser. D’avoir une place entre le spectacle d’humour écrit la pièce de théâtre. Ce n’est plus un sous-genre et un mélange des deux, mais ça devient quelque chose à part entière », assure Loïc. Son coéquipier conclut : « on peut tout faire avec l’impro, il y a un spectre infini de possibilités. Il faut juste la mettre en valeur ».