Photo : Courtoisie

C’est une salle Octave-Crémazie bondée qui a accueilli Louis-Jean Cormier le 14 décembre dernier. Quelques mois seulement après la sortie de son album solo Le treizième étage, il a déjà un troupeau de mélomanes conquis.

Justine Pomerleau-Turcotte

D’ailleurs, le public, déjà familier avec la musique, ne se gêne pas pour entonner de longs passages des chansons, ce qui a semblé ravir l’artiste. La prestation débute en trombe avec les premières pièces de l’album, livrées avec énergie avec le support de Simon Pedneault (guitariste), Marc-André Larocque (batteur), Guillaume Chartrain (bassiste) et d’Adèle Trottier-Rivard (choriste et percussionniste-mention spéciale pour la présence sur scène). Visiblement, le groupe s’éclate. Après avoir enchaîné La cassette, un Bull’s eye tout en nuances et un  J’haïs les happy ends arborant un crescendo d’intensité bien ficelé, le groupe poursuit avec une reprise de Claude Léveillée, Ne dis rien. Pour se l’approprier convenablement, il faut « déshabiller la chanson, dégrafer les arrangements », explique le chanteur. C’est réussi : on est loin de la musique originale, mais le texte est tout de même enrobé de façon touchante par la relecture de Cormier. Un style qui va également à ravir aux mots du pilier de la poésie québécoise Gaston Miron; du projet Douze hommes rapaillés, il nous offre les touchantes Au long de tes hanches et La route que nous suivons.

La prestation est entrecoupée d’un segment plus intime, de style « party de cuisine ». Composée pour « Les voix humaines » à ARTV, Au bord du récif nous plonge dans les enjeux de la pêche en Gaspésie. Par la suite, le groupe se rassemble autour d’un même micro, et les arrangements épurés confèrent à l’ensemble une chaleur et une intimité incomparables. La complicité est palpable.

En première partie, Dany Placard a su charmer par ses compositions à l’état brut livrées avec conviction. Terre à terre sans être banal, il manie l’émotion à coup de guitares discrètes, de percussions minimalistes (floor tom, caisse claire : c’est tout et c’est parfait) et de phrases qui vont droit au but. Beau préambule à une soirée musicale exceptionnelle.