Tommy (Robert Naylor) est un jeune à problèmes graves qui n’est capable de s’exprimer que par la violence. Le film témoigne de l’évolution du jeune garçon dans un univers qui tend à le rejeter, mais aussi de celle de son éducateur, interprété par Claude Legault. Une relation très spéciale s’établit entre les deux personnages qui doivent s’apprivoiser dans une ambiance des plus difficile.

Les thèmes abordés dans 10½ sont durs, invraisemblables et tristement vrais. «On dit souvent que la réalité dépasse la fiction. Ça aurait pu être plus rough, mais en même temps c’était pas ça le but», de dire Podz.

Pour comprendre les enjeux dont il est question dans le film, une partie de l’équipe, dont Podz et l’acteur Claude Legault, sont allés passer du temps dans un centre pour jeunes à problèmes lourds. Le réalisateur indique que passer du temps là-bas en tant qu’observateur lui a permis de réaliser son film peut-être un peu plus à l’image de ce que vivent ces enfants ainsi que les éducateurs qui les encadrent tous les jours. «C’est quand je suis revenu chez moi que ça m’est rentré dedans», explique Podz en faisant référence à la dureté du milieu dans lequel il n’avait passé qu’une seule journée.

Du côté formel, le film se rapproche de son précédent long-métrage, Les sept jours du talion. Le film, tourné dans une atmosphère froide de printemps, met le spectateur mal à l’aise. C’est d’ailleurs l’objectif du  producteur Pierre Gendron, qui explique que plusieurs facteurs donnent une tendance documentaire à ce film. «Il faut remarquer qu’on est en caméra portée tout le long du film», dit-il.  Seules deux scènes ont nécessité l’utilisation de steady cams pour des travellings.

Pour renforcer cette tendance documentaire, Pierre Gendron fait remarquer qu’outre Claude Legault, les acteurs du film sont volontairement des «presqu’inconnus». «Ça fait ressortir le film d’avoir un casting aussi hallucinant avec des gens qu’on ne connaît presque pas.» Robert Naylor, un jeune acteur de 14 ans, livre une performance exceptionnelle dans le rôle de Tommy. Il montre une force de caractère assez surprenante pour un garçon de son âge. «Ç’était très dur, très épuisant, parce que ce ne sont pas des émotions que tu fais sortir chaque jour. C’est exactement  ça que je devais faire à chaque journée de tournage: crier et me débattre, continuellement», explique Robert Naylor.

Pierre Gendron espère que le film engendrera des discussions, car c’est exactement pour cette raison que le film est construit de la manière dont on le voit à l’écran. Le tout porte à réflexion.