Vendredi soir, après la performance du Néo-écossais Rich Aucoin, les membres de Hey Rosetta! ont pris une éternité avant de commencer à jouer. Un retard dû à un souci avec le clavier du chanteur Tim Baker. Pendant que le reste du groupe s’affairait à tenter de régler le problème et à accorder leurs instruments, le violoncelliste et la violoniste patientaient à l’extrémité gauche de la scène, visiblement aussi las que le reste des spectateurs, qui faisaient semblant de savourer l’une des atroces bières servies au bar.

Quand les premières notes de la formation terre-neuvienne ont retenti, l’attente a vite cédé sa place aux pas de danse d’une foule énergique qui l’a accueilli comme il le faut. En interprétant avec une solidité déconcertante des pièces des disques qui leur ont permis de rafler tout ce qui bougeait lors de plusieurs galas ces dernières années, Hey Rosetta! a réussi à renverser la vapeur d’une soirée qui avait décidément perdu son rythme entre les deux premiers artistes.

Tout s’est bien passé jusqu’à ce que le groupe fasse dans le plus doux. On a clairement entendu les basses fréquences provenant de l’étage supérieur, où se trouve un plancher de danse. Jusqu’alors, on ne les entendait qu’entre les pièces, ce qui n’était pas agréable, mais ne foutait pas la merde dans la performance du groupe. Le résultat pendant les passages édulcorés du répertoire de Hey Rosetta ! était assez agaçant, eu peu comme lorsqu’on ne peut pas écouter de la musique en paix dans sa chambre parce que les voisins d’en dessous ont décidé d’organiser une rave dans leur cuisine.

Rien à reprocher côté performance ou énergie pour le groupe, qui ne m’a toujours pas déçu depuis la première fois que je l’ai vu en spectacle, dans un bar minuscule dans le Sud-est du Nouveau-Brunswick il y a quelques années.

Le groupe originaire de la Colombie-Britannique Hot Hot Heat, avec ses mélodies dansantes et son style presque trop semblable à celui des Killers, s’est ensuite présenté sur scène. Le guitariste avait carrément l’air de s’en foutre, le reste des musiciens n’ont fait que passer à travers la feuille de route sans trop d’émotion ou de cœur. La voix du chanteur était toutefois géniale, quoi que la piètre présence scénique soit venue faire ombrage à cette qualité.

La soirée a définitivement été entachée par les insupportables pulsations traversant le plancher. Je remets rarement en doute le choix d’une salle de la part d’un promoteur de spectacle, mais dans ce cas, il est clair que le Dagobert n’était vraiment pas une idée géniale. Pour un show de hardcore, oui. Pour du rock parfois doux, non.