Les expressions « tête brûlée » et « écorché vif » ne sont pas exagérées quand on parle d’Arno : on sent en effet tout son vécu dans sa voix éraillée et sa démarche hésitante. Le chanteur culte belge, qui vient trop rarement de ce côté de l’Atlantique, a donné un spectacle exceptionnel, dans les deux sens du terme, vendredi soir au Théâtre Petit Champlain. Exceptionnel car Québec était le seul autre arrêt de prévu, à part Montréal et son Coup de cœur francophone, où il avait joué à l’Astral la veille. Exceptionnel car ce fut un spectacle généreux (deux heures sans entracte), très rock, avec de temps à autre quelques moments de tendresse. D’abord renfermé, Arno s’est peu à peu ouvert à son public, très enthousiaste par ailleurs, en racontant quelques histoires avec un style qui n’appartient qu’à lui. On pourrait questionner le choix de certaines chansons – ce n’est pas les plus connues qui ont accaparées la majorité du spectacle, et on regrette l’absence de certains titres francophones de son répertoire. Mais ce serait là bouder son plaisir, car plaisir il y a assurément eu, et nier la réalité : ce fut un spectacle à proprement parler unique. Et exceptionnel.